CHIRAC
VRP DE LA TOLÉRANCE ZÉRO Ou
l'intolérance des gouvernants.
Le président de la
république française monsieur Jacques Chirac
dans son discours du 8
novembre 2004 à Nîmes à fait l'éloge et la
publicité du programme sécuritaire conservateur
éculé venu tout droit des États-unis, plus
connu sous le nom de « tolérance zéro » !
Le plus extraordinaire c'est
que cette politique liberticide n'a jamais fait
la preuve de son efficacité !
Prenons la rhétorique de
monsieur Chirac point par point.
Premièrement le constat sur
« la montée de l'insécurité », «
l'augmentation des crimes et délits » ne
correspond ni à la réalité ni aux
statistiques.
Pour la plupart des
infractions on constate une baisse, en
particulier pour les homicides et tentatives
d'homicides, les cambriolages et les vols de
véhicules. Ce sont principalement les coups et
blessures qui augmentent et les vols avec
menaces, mais ces atteintes sont très ciblées
tant au niveau géographique qu'au niveau des
catégories de populations touchées.
D'autre part la France se
situe à un niveau inférieur à des pays comme
le Danemark, la Hollande, l'Angleterre et les
États-unis.
(pour plus de détails se
reporter au livre du sociologue français Loïc
Wacquant, Punir les pauvres, le gouvernement de
l'insécurité sociale. éditions Agone)
Deuxièmement, « la
situation est intolérable », « nos concitoyens
n'acceptent plus », là encore rien dans les
enquêtes montre une telle dégradation dans
l'opinion, même si les médias et les hommes
politiques n'ont de cessent de jeter de l'huile
sur le feu.
Troisièmement, « les
délinquants ne sont pas des victimes de la
société » , sous entendu ils sont entièrement
responsables de leurs actes. C'est oublié bien
facilement que les plus touchés et les plus
emprisonnés sont les pauvres, les sans
qualification et les étrangers, autrement dit il
est évident que des raisons sociales existent !
Quatrièmement, « il faut
restaurer l'autorité de l'État » , si cela est
nécessaire c'est avant tout parce que ce dernier
démissionne de ses fonctions de solidarités et
d'aides sociales et en premier lieu en ne
proposant pas de travail stable et de formation.
Pourtant la « politique »
de la tolérance zéro se met en marche
inexorablement, ses principes sont les suivants :
- Punir
en priorité la petite délinquance, la
plus visible et la plus médiatique
(mendiants, prostituées, drogués etc.).
- Mettre
en prisons les plus récalcitrants, là
où ils pourriront.
- Exercer
un contrôle le plus tentaculaire
possible sur ces populations pour les
ghettoïser tant au niveau géographique
que social.
Pour cela il faut augmenter
les moyens et les policiers là ou au contraire
on les baissent dans le social et l'éducation.
Le choix est limpide, punir d'abord.
Le problème réside dans le
caractère profondément inégalitaire et
inefficace de cette « politique ».
On surveille et on punit
prioritairement les petits délinquants et les
immigrés, alors que dans le même temps la vraie
délinquance, celle qui coûte excessivement
chère à la société comme la délinquance en
col blanc est amnistiée ou tolérée.
Ensuite la prison est comme
chacun le sait, non pas un lieu de réinsertion
mais au contraire un lieu d'apprentissage de la
violence et d'accentuation des difficultés, en
particulier pour l'entourage familial des
détenus.
Mais de vraies solutions
existent pour lutter efficacement contre la
criminalité, au premier rang desquelles on
trouve la création d'emplois stables et
correctement rémunérés. Ainsi la baisse de la
criminalité constatée aux États-Unis et en
particulier à New York s'explique d'abord par la
croissance et la création d'emplois et ensuite
par le vieillissement de la population, en effet
les délinquants sont en majorité des jeunes.
Alors pourquoi ce discours
conservateur connaît-il un tel succès ?
Plusieurs raisons l'explique :
Le «
néo-libéralisme » laisse sur la touche de plus
en plus de personnes qui deviennent des «
gêneurs » dans une société riche et
tranquille, il faut donc canaliser et emprisonner
les plus réfractaires. Notons au passage que le
terme « libéral » est impropre ou alors il
faut le comprendre dans le sens de liberté pour
les dominants de dominer les populations.
Le capitalisme a
besoin d'une main duvre bon marché
et malléable pour faire pression sur les autres
salariés.
De tout temps la
population a été demandeuse de plus de
sécurité, pour satisfaire ce fantasme il est
plus facile de s'attaquer à la petite
délinquance, la plus visible et la plus
quotidienne.
Cette « lutte »
contre l'insécurité sert de paravent ou de
leurre pour détourner l'opinion des vrais
problèmes comme le chômage, les inégalités ou
encore la délinquance en col blanc.
En entretenant la peur de la
population, cela incite à se détourner des
solutions innovatrices et réformatrices au
profit de « recettes » conservatrices.
Pour terminer on peut
démasquer les fossoyeurs en utilisant le sens
des mots qu'ils emploient, la « tolérance zéro
» étant en réalité l'intolérance vis à vis
des exclus, des marginaux, des pauvres et des
étrangers.
Cette « politique »
étasunienne est à l'image de ce pays et de ses
gouvernants, on surveille, on contrôle et on
punit à l'intérieur comme à l'extérieur.
Couchez mon chien !
Signature
Le
caniche à sa mémére
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