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L'accord de l'O.M.C / Les fabricants de génériques / Synthése
Les pauvres ont-ils droit aux mêmes médicaments que les riches ?
2 textes sur l'accord
LE FIGARO lundi 1/09/2003
Les Etats-Unis cèdent sur les médicaments
Décision " historique " pour les uns, " victoire des firmes pharmaceutiques occidentales " pour les autres, l'accord conclu samedi à l'OMC sur la fourniture de médicaments aux pays pauvres illustre le débat sur la nécessité d'une organisation internationale du commerce. Après huit mois de blocage, les 146 membres de l'OMC ont, à l'arraché, donné le feu vert à l'importation par les pays pauvres de médicaments génériques lorsqu'il s'agit de s'attaquer à des problèmes de santé publique, telle la pandémie du sida. Cet accord, longtemps contesté par le gouvernement des Etats-Unis, qui craignait que les brevets de son industrie pharmaceutique soient pillés,
est un signe positif pour le succès de la conférence ministérielle qui va s'ouvrir à Cancun dans dix jours. Il montre, pour les défenseurs de l'OMC, qu'il est possible de faire passer les intérêts humanitaires avant ceux de la rentabilité économique, que les pauvres peuvent faire entendre leur point de vue et que les groupes de pression ne prêchent pas dans le désert.
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Les organisations non gouvernementales ne sont, cependant, pas prêtes à donner quitus à l'OMC à la veille de la conférence. Les plus hostiles, tel l'Institut pour la relocalisation de l'économie (IRE), dénoncent " cet accord diplomatique, destiné à sauver la face de l'OMC à une dizaine de jours de la conférence ministérielle de Cancun ". D'autres insistent sur la complexité et l'ambiguïté du texte. " C'est un marché de dupes, l'accord est trop compliqué à appliquer et légalement peu clair, les pays qui veulent en profiter
doivent suivre un véritable parcours du combattant ", analyse ainsi Oxfam. " Ceux qui s'attendent à voir les médicaments arriver en masse dans les pays en développement la semaine prochaine vont subir une rude déception ", estime dans une déclaration à l'AFP Beryl Leach, membre de la coalition kényane pour l'accès aux médicaments vitaux (KCAEM), qui comprend notamment Médecins sans frontières. A dix jours de Cancun, cet accord ne permet pas aux réformistes de trouver grâce aux yeux des contempteurs de l'OMC. Il donne en revanche aux acteurs de la négociation des raisons d'espérer une issue heureuse, du moins sur le tapis.
J.?L. V.
Les Echos, vendredi 26/09/2003
Médicaments : les hussards de la copie
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Désormais, une boîte de médicaments vendue sur dix contient un générique.
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Et ce n'est sans doute qu'un début. " Plusieurs grands médicaments, comme le Mopral, vont bientôt tomber dans le domaine public, et pourront de ce fait être copiés, se réjouit Hubert Olivier, le PDG de Rafiopharm. De 670 millions d'euros aujourd'hui, le marché devrait monter à 1,4 milliard en 2006. "
Dans ces conditions, vendre du générique n'est plus comme avant un " acte civique " permettant aux grands laboratoires de s'attirer les bonnes grâces du gouvernement, d'obtenir de meilleurs prix pour leurs dernières innovations. C'est un vrai business, très différent du reste de la pharmacie. Ici, pas question de recherche, de négociations complexes avec les autorités de santé, ni de marketing auprès des médecins, les trois compétences clefs des Pfizer, Glaxo et autres AstraZeneca.
Pour les fabricants de génériques, le travail consiste d'abord à se constituer un large portefeuille de produits couvrant l'ensemble des domaines thérapeutiques. Aujourd'hui, tous ou presque proposent par exemple leur version de l'antibiotique Clamoxyl, du vasodilatateur Fonzylane ou du Tenormine, contre l'hypertension.
En revanche, peu s'intéressent aux maladies rares ou aux formes pédiatriques, moins vendues...
Encore faut-il copier intelligemment. Tâche ardue, car, si le principe actif n'est plus protégé du point de vue juridique, les procédés industriels, les excipients, etc., demeurent en général brevetés. " Notre savoir-faire consiste à traverser ce champ de mines, à sortir une copie exacte de la molécule d'origine sans enfreindre les brevets complémentaires ", explique Hubert Olivier, de Ratiopharm. Reste ensuite l'essentiel: séduire les pharmaciens.
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Pour placer leurs produits chez les pharmaciens, tous ou presque ont pourtant recours, en plus des remises classiques plafonnées à 11 % des ventes, à ce qu'on appelle pudiquement la " coopération commerciale ". Une pratique légale, mais jusqu'à présent rare dans le monde du médicament. En clair: en échange de la pose d'affiches en faveur de leurs produits, de la distribution de livrets, etc., les génériqueurs paient les officines. Conbien ? Top secret.
D. C.
Qui fabrique les génériques ?
Les industriels des génériques, fabriquent eux-mêmes une partie de leurs produits. L'israélien Teva dispose par exemple de 10 usines dans le monde, réparties entre l'Italie, la Hongrie, Israël et les Etats-Unis.
Des sous-traitants spécialisés, se voient confier une partie de la production, comme Elaiapharm à Sophia-Antipolis, BTT à Strasbourg, Haupt Pharma en Allemagne, etc.
Les propriétaires des marques d'origine, pour faire tourner leurs usines, fournissent parfois leurs
concurrents génériqueurs.GIaxoSmithKline, par exemple, fabrique à la fois l'Augmentin et sa copie.
1°) Pourquoi un accord était-il nécessaire ?
L'accord conclu le 30 août 2003 à l'OMC sur la fourniture de médicaments génériques aux pays pauvres lorsqu'il s'agit de s'attaquer à des problèmes de santé publique, tel que le sida est nécessaire car sinon ils n'auraient pas les moyens financiers suffisants !
2°) Cet accord permettra t-il aux pays pauvres de se procurer tous les médicaments nécessaires ?
Non, puisque l'accord ne vise que les cas de santé publique extrêmes, comme une pandémie !
D'autre part, " la complexité et l'ambiguïté du texte. " C'est un marché de dupes, l'accord est trop compliqué à appliquer et légalement peu clair, les pays qui veulent en profiter doivent suivre un véritable parcours du combattant " "
On peut ajouter que les entreprises essayent de protéger leurs produits par d'autres moyens, comme les procédés de fabrication brevetés ou " process " !
3°) La concurrence sur les marchés des médicaments, en particulier avec l'introduction des " génériques ", sera t-elle bénéfique pour les malades ?
Oui, puisque cette nouvelle concurrence tire les prix vers le bas,
MAIS des effets pervers sont à craindre :
1. Pas de recherche dans de nouveaux médicaments par les génériqueurs !
2. Peu de ceux-ci s'intéressent aux maladies rares ou aux formes pédiatriques, moins vendues !
3. Cela ne concerne pas tous les médicaments, en particulier les nouveaux qui sont les plus efficaces.
4. Les laboratoires vont augmentés leur marge sur les produits " protégés ".
Les pharmaciens risque de devenir de " vrais " commerçants, et donc vendre les médicaments qui rapportent le plus sans tenir compte de la qualité !