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Al Pacino
Né à New York le 25 avril 1940 de parents siciliens,
Al Pacino passe son enfance dans le Bronx et effectue ses études à la High
School of the Performing Arts de Manhattan. Il poursuit sa formation d'acteur
au célèbre HB Studio d'Herbert Berghof et fait ses premières créations au café
La Mama d'Elaine Stewart ainsi qu'au Living Theater, dirigé par Julian Beck et
Judith Malina. En 1966, il entre à l'Actor's Studio où il acquiert, grâce à Lee
Strasberg, le sens de la discipline qui l'élèvera quelques années plus tard au
rang des plus grands acteurs américains. Passé professionnel en 1967, Pacino
remporte l'Obie un an plus tard dans "The Indian Wants the Bronx", et
reçoit en 1969 le Tony, le Drama Desk Award et le Theater World Award pour sa
première création à Broadway, "Does a Tiger Wear a Necktie ?"
Après une composition remarquée d'escroc à la petite
semaine dans Panique à Needle Park, c'est le rôle de Michael Corleone
dans Le parrain de Coppola qui lui vaut sa première citation à l'Oscar.
Mais Pacino retourne déjà sur les planches pour "The Basic Training of
Pavlo Hummel", de David Rabe, pour laquelle il remporte son deuxième Tony.
En 1973, il est un vagabond céleste dans L'épouvantail, qui remporte la
Palme d'or au Festival de Cannes, puis joue "Richard III" à Boston. Serpico,
thriller semi-documentariste de Sidney Lumet, dans lequel il est le plus
incorruptibles des flics incorruptibles, lui vaut en 1974 da deuxième citation
à l'Oscar et trace pour quelques années le profil de son personnage-type, à la
fois justicier et victime expiatoire, déchiré entre violence et innocence.
En 1975 et 1976, Pacino remporte ses troisième et
quatrième citations à l'Oscar avec Le parrain 2 et Un après-midi de
chien, film où il compose un personnage de braqueur de banque homosexuel
absolument hallucinant. Deux rôles qui l'imposent d'emblée comme le meilleur de
ce que l'Actor's studio a jamais révélé. Nommé une nouvelle fois à l'Oscar pour
Justice pour tous, de Norman Jewison, tout d'intériorité douloureuse
– c'est sa spécialité – dans le très beau et méconnu Bobby
Deerfield, il revient au thriller urbain avec le controversé Cruising,
dans lequel il enquête au cœur du milieu SM gay new-yorkais. Un film suivi deux
ans plus tard par une première comédie romantique : Avec les
compliments de l'auteur. Hyper-violent et paroxystique dans le Scarface
de De Palma, il tourne son premier film en costumes avec le Révolution
de Hugh Hudson.
En 1990, Pacino compose, sous la direction de Warren
Beatty, un étonnant personnage de gangster lubrique dans Dick Tracy,
retrouve par la suite De Palma pour l'excellent L'impasse dans un rôle
de mafieux sur la voie de la Rédemption, puis se retrouve dans un face-à-face
mémorable avec De Niro dans Heat, de Michael Mann, avant de donner la
réplique à un flic infiltré, joué par Johnny Depp dans Donnie Brasco. Si son
personnage de vieux mafieux désabusé fait encore et toujours des merveilles, il
est carrément l'incarnation du Malin dans L'associé du diable, qui
l'oppose à l'oie blanche Keanu Reeves. Il retrouve ensuite Michael Mann pour Révélations,
dans le rôle d'un producteur de la NBC bataillant pour imposer le témoignage
crucial d'un cadre en possession de documents compromettants pour le très
puissant lobby cigarettier américain. Bien qu'impeccable, il se fait pour une
fois voler la vedette par l'impressionnant Russell Crowe, mais se rattrape
en coach de football américain gueulard
dans L'enfer du dimanche, filmé par un Oliver Stone qui se croit encore
dans les tranchées du Vietnam.
Après une courte pause, voilà Al Pacino qui déboule
de nouveau sur les plateaux, avec quatre films pour 2002 : cinéaste se damnant
pour la célébrité dans S1m0ne, il sera également un flic traquant le
killer Robin Williams dans le très attendu remake de Insomnia, signé
Christopher Nolan, puis attaché de presse rattrapé par le scandale dans People
I Know, et surtout opposé au nouveau poulain hollywoodien, Colin Farrell,
dans The Recruit (ex-The Farm), un thriller made in CIA de Roger
Donaldson. Enfin, pour le fun et le plaisir de retrouver Martin Brest, à qui il
doit, pour le frileux Le temps d'un week-end, le seul Oscar de sa
carrière (une honte !), Pacino fera une apparition dans Gigli, dédié au
tandem Ben Affleck/Jennifer Lopez.
Autre versant d'une carrière en tous point
remarquable, la réalisation. En 1991 tout d'abord, avec l'adaptation de la
pièce "The Local Stigmatic", ainsi que Looking for Richard, où
l'acteur donnait libre cours à sa passion dévorante pour William Shakespeare
dans un film brassant le théâtre filmé, le documentaire, l'essai
cinématographique et la fiction. Un film au casting prestigieux : Alec
Baldwin, Kevin Kline, Kevin Spacey, Winona Ryder entre autres s'y partagent la
vedette, et Kenneth Branagh et Vanessa Radgrave y font des apparitions. On
reste par contre sans nouvelle de son troisième essai, Chinese Coffee,
face-à-face entre un photographe et un écrivain, où conflits artistiques et
jalousies larvées sont le poumon d'un film sur le cynisme de la création.
FILMOGRAPHIE
1969 Me, Natalie (Coe)
1971 The Panic in Needle Park (Panique à Needle
Park) (Schatzberg)
1972 The Godfather (Le parrain) (Coppola)
1973 Scarecrow (L'épouvantail) (Schatzberg)
1974 Serpico (id.) (Lumet)
The
Godfather Part II (Le parrain 2) (Coppola)
1975 Dog Day Afternoon (Un après-midi de chien)
(Lumet)
1977 Bobby Deerfield (id.) (Pollack)
1979 ... And Justice for All (Justice pour tous)
(Jewison)
1980 Cruising (Cruising – La chasse) (Friedkin)
1982 Author ! Author ! (Avec les
compliments de l'auteur) (Hiller)
1983 Scarface (id.) (De Palma)
1985 Revolution (id.) (Hudson)
1989 Sea of Love (Sea of love – Mélodie pour un
meurtre) (Becker)
1990 Dick Tracy (id.) (Beatty)
The
Godfather Part III (Le parrain 3) (Coppola)
The
Local Stigmatic (Pacino)
1991 Frankie & Johnny (id.) (Marshall)
1992 Glengarry Glen Ross (Glengarry) (Foley)
Scent
of a Woman (Le temps d'un week-end) (Brest)
1993 Carlito's Way (L'impasse) (De Palma)
1995 Two Bits (Instants de bonheur) (Foley)
Heat
(id.) (Mann)
1996 City Hall (id.) (Becker)
Looking
for Richard (id.) (Pacino)
1997 Donnie Brasco (id.) (Newell)
The
Devil's Advocate (L'associé du diable) (Hackford)
1999 The Insider (Révélations) (Mann)
Any
Given Sunday (L'enfer du dimanche) (Stone)
2000 Chinese Coffee (Pacino)
2002 Insomnia (Nolan)
S1m0ne
(id.) (Niccol)
People
I Know (Algrant)
The
Recruit (Donaldson)
2003 Gigli (Brest)