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Peter Coyote

 

Né Peter Cohon le 10 octobre 1942 à Colver, en Pennsylvanie, Peter Coyote poursuite de solides études universitaires à l'issue desquelles il ressort diplômé en littérature anglaise. Nous sommes en 1964, et le jeune homme est alors accepté à un prestigieux atelier d'écriture dans l'Iowa. A la place, il opte pour un doctorat en littérature effectué à l'université de San Francisco. On peut comprendre son choix. Pourtant, une fois sur place, emporté par le bouillonnement créatif et culturel paré à submerger la Californie des années 60, l'apprenti-écrivain rejoint le San Francisco Actor's Workshop, puis le San Francisco Mime Troup, une troupe de théâtre de rue aux visées pour le moins radicales, et d'ailleurs régulièrement arrêtée pour représentations sans autorisations.

Au sein de la petite troupe, Coyote se met à jouer, à écrire et à mettre en scène, notamment la pièce très controversée, en ces temps de ségrégation raciale, "The Minstrel Show, Civil Rights in a Cracker Barrel". La troupe sera encore arrêtée plusieurs fois, cette fois pour avoir joué cette pièce interdite par de nombreuses municipalités. Pourtant, New York leur fera un triomphe, et Peter Coyote s'y installe provisoirement, co-écrivant (avec le comédien Peter Berg), mettant en scène et jouant dans une nouvelle pièce, "Olive Pits".

De 1967 à 1975, Peter Coyote sera un pilier incontournable de la communauté artistique indépendante de San Francisco, qui reste son fief. Il est ainsi le fondateur des Diggers, un groupe pro-anarchiste qui pourvoiera en nourriture, logements et soins médicaux les hordes de saltimbanques qui feront leur appartition dans la ville pendant le fameux “Summer of Love” de 1967. A partir de 1975, Coyote monte en grade puisqu'il intègre le Conseil Artistique de Californie, dont il devient président un an plus tard. Il y restera quasiment dix ans. Alors très occupé sur le plan politique, il en a un peu oublié ses visées de comédien, bien que, dès 1978, il intègre la troupe du Magic Theater de San Francisco, où il se produit régulièrement histoire de “se dérouiller” un peu. C'est à l'occasion de la première de "L'Ouest, le vrai", désormais célèbre pièce de Sam Shepard, qu'il est remarqué par un agent hollywoodien, qui lui propose de le représenter.

A partir de 1980, Peter Coyote commence par des voix off (dont il se fera d'ailleurs une spécialité sur d'innombrables films et documentaires, grâce à son timbre doux et subtil, souvent comparé à celui d'Henry Fonda), et travaille aussi pour le cinéma. Après avoir été notamment un soldat dans le Sans retour de Walter Hill, c'est grâce à ce film qu'il rencontre Spielberg puis la célébrité en incarnant Keys, le gentil scientifique de E.T. Par la suite, force est de constater que ses films ne sortent pas d'une certaine médiocrité, et ne sont pas, ou très rarement, distribués en France. Sauvons tout de même A double tranchant, histoire d'amour entre une avocate et son client accusé de meurtre, mise en scène avec efficacité par Richard Marquand. Mais Coyote n'y a qu'un rôle secondaire, laissant la vedette à Jeff Bridges. En France, on le perd ainsi de vue, pour le retrouver avec étonnement dans un film français, Un homme amoureux, dans lequel il incarnait le mari de Jamie Lee Curtis. Désormais partagé entre pléthore de téléfilms et de séries B (voire Z) aux côtés d'acteurs au rabais comme Lorenzo Lamas, et des coproductions européennes, c'est à l'occasion de celles-ci que le comédien, incarnant régulièrement hommes d'affairs ripoux et avocats douteux, donne de ses nouvelles. Ainsi, le mari trompé d'Emmanuelle Seigner dans le très torve Lunes de fiel, c'est lui. Et l'écrivain américain bohême de Kika, c'est encore lui. Deux films d'auteur (Polanski et Almodóvar, tout de même) qui lui confèrent une sorte d'aura en Europe, dont il ne fera pourtant rien. Accumulant les tournages de sous-produits aux Etats-Unis (près de cent films et téléfilms au total), il n'apparaît plus que dans des rôles très secondaires dans les grosses productions hollywoodiennes : le capitaine Harold Barnes dans Sphere, le médecin Bill Davis dans Doctor Patch, une apparition dans L'ombre d'un soupçon, un certain Kurt Potter dans Erin Brockovich... Aujourd'hui, c'est encore par la petite porte qu'il passe le bout du nez dans Femme fatale : il y est, l'espace de quelques minutes, le mari ambassadeur de la troublante Laure Ash, jouée par la non moins troublante Rebecca Romijn-Stamos.

 

FILMOGRAPHIE

 

1979 Die Laughing (Werner)

 

1980 Tell Me a Riddle (Tell me...) (Grant)

 

1981 Southern Comfort (Sans retour) (Hill)

 

                The Pursuit of D.B. Cooper (200 000 dollars en cavale) (Spottiswoode)

 

1982 E.T. the Extra-Terrestrial (E.T. l'extra-terrestre) (spielberg)

 

                Out (Hollander)

 

                Breach of Contract (Guttfreund)

 

1983 Endangered Species (Rudolph)

 

                Timerider (Dear)

 

                Cross Creek (Marjorie) (Ritt)

 

1984 Strangers Kiss (id.) (Chapman)

 

                Heartbreakers (Roth)

 

                Slayground (Bedford)

 

1985 The Legend of Billie Jean (robbins)

 

                Jagged Edge (A double tranchant) (Marquand)

 

1987 Stacking (Rosen) (

 

                Un homme amoureux (Kurys)

 

                Outrageous Fortune (Une chance pas croyable) (Hiller)

 

1988 Oklahoma ! (Roth)

 

1989 Heart of Midnight (Chapman)

 

1990 The Man Inside (L'affaire Wallraff) (Roth)

 

1991 A grande arte (Salles, Jr.)

 

                Crooked Hearts (Bortman)

 

1992 Bitter Moon (Lunes de fiel) (Polanski)

 

1993 Kika (id.) (Almodóvar)

 

1994 That Eye, the Sky (Ruane)

 

1995 Unforgettable (Mémoires suspectes) (Dahl)

 

                Cybertech P.D./Terminal Justice (R. King)

 

                Moonlight and Valentino (id.) (Anspaugh)

 

1996 Roads End (R. King)

 

                Seeds of Doubt (Foldy)

 

1997 Sphere (id.) (Levinson)

 

                Top of the World (Furie)

 

1998 Patch Addams (Docteur Patch) (Shadyac)

 

                Last Call (C. Lucas)

 

1999 Random Hearts (L'ombre d'un soupçon) (Pollack)

 

                The Basket (Cowan)

 

                More Dogs Than Bones (Sac d'embrouilles) (Browning)

 

2000 Erin Brokovich (id.) (Soderbergh)

 

                Red Letters (Battersby)

 

                Jack the Dog (Roth)

 

                A Time for Dancing (Gilbert)

 

2001 Suddenly Naked (Wheeler)

 

                Purpose (Lazar)

 

                Femme Fatale (id.) (De Palma)

 

                A Walk to Remember (Shankman)