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Bulle
Ogier
De son
vrai nom Marie-France Thielland, Bulle
Ogier
est née à Boulogne-Billancourt le 9 août
1939,
d'un père avocat et d'une mère peintre.
Après
ses études secondaires, elle suit des
cours
de journalisme jusqu'à ce qu'Hélène
Lazareff
la présente à Coco Chanel, chez
laquelle
elle travaillera pendant quelques mois.
En
1962, Bulle Ogier rencontre le dramaturge
et
metteur en scène Marc'O, dont elle suit les
cours
de l'American Center, ensemble
polyartistique
qui regroupe peintres, écrivains
et
musiciens de toutes nationalités. Marc'O
crée
ensuite sa propre troupe théâtrale, qui
réunit
entre autres Pierre Clémenti, Elisabeth
Wiener,
Jean-Pierre Kalfon, Jacques Higelin.
De 1961
à 1967, date de ses débuts au
cinéma,
Bulle Ogier sera ainsi de toutes les
créations
de Marc'O. Après "Le triomphe de
l'amour"
en 1961, "L'entreprise" en 1962, "Le
printemps"
en 1963, "Pierrot lunaire" en 1963,
Maurice
Girodias, éditeur, leur offre sa cave et
crée la
Grande Séverine, “ancêtre” du café-
théâtre.
La troupe y joue pour la première fois
"Les
play-girls" en 1964, suivi par "L'anti-came"
et
"Les idoles", que Marc'O adaptera peu après
pour le
cinéma. Figure importante de la scène
théâtrale
“underground”, il était tout naturel que
Bulle
Ogier vienne, en touchant au cinéma, à
rencontrer
Jacques Rivette, éminence grise du
cinéma
intellectuel français. Elle sera ainsi de
presque
tous ses films, (de L'amour fou en
1967 à
La bande des quatre en 1988, en
passant
par l'interminable (12 h 40) mais
passionnant
Out 1 : Noli me tangere en 1970).
Mais
c'est un petit film suisse au
retentissement
inattendu, La salamandre,
d'Alain
Tanner, où elle incarne Rosemonde,
une
jeune fille impliquée dans un fait divers
pour
avoir refusé de suivre les cadences
infernales
du travail à la chaîne, qui la fait
connaître
du public. De cette époque, on
retiendra
également ses prestations dans
Rendez-vous
à Bray, du belge André Delvaux
et La
vallée, du polyculturel Barbet Schroeder
(1972),
un réalisateur que Bulle Ogier
épousera
à Las Vegas près de vingt-cinq ans
plus
tard ! Après une incursion inattendue dans
l'univers
de Claude Lelouch (Mariage, où l'on
suit
l'évolution du couple qu'elle forme avec
Rufus sur
quarante ans), Bulle Ogier retrouve
ses
auteurs favoris (Rivette pour Duelle en
1976,
Schroeder pour Maîtresse en 1975),
mais
aussi de Marguerite Duras et Eduardo de
Gregorio,
sous la direction duquel elle tourne
quatre
films. Les années 80 seront marquées,
pour
l'actrice, par le deuil de sa fille Pascale
Ogier,
qui venait d'entamer une prometteuse
carrière
sous la direction de Jacques Rivette
(encore
!) dans Le pont du nord et surtout
d'Eric
Rohmer avec Les nuits de la pleine
lune.
Incontournable d'un certain cinéma
d'auteur
français, certes littéraire mais
rarement
prétentieux, Bulle Ogier n'hésite pas,
par la
suite, à poursuivre l'aventure que
constitue
le tournage de premiers films : elle
tient
ainsi des rôles, plutôt sombres, de mères
dans
des films comme Nord de Xavier
Beauvois
ou Circuit Carole d'Emmanuelle
Cuau,
mais aussi, et de manière plus
inattendue,
ne crache pas sur des
compositions
plus légères (Personne ne
m'aime).
Mais le cinéma ne doit pas faire
oublier
le théâtre, pour lequel elle n'a cessé de
travailler,
retrouvant régulièrement ses auteurs
de
prédilection : en 1975, grâce à Marguerite
Duras,
elle interprète ainsi "Des journées
entières
dans les arbres", que suivront, du
même
auteur "L'Eden Cinéma" en 1977, avec
Madeleine
Renaud au théâtre d'Orsay, "Le
Navire
Night", en 1979, au théâtre Edouard VII
et
"Savannah Bay", en 1984, au théâtre du
Rond-Point.
Bulle Ogier est également apparue
dans de
nombreux téléfilms parmi lesquels
"Légitime
défense", de Claude Grimberg
(1979),
"Le professeur jouait du saxophone",
de
Gérard Folin (1980) ou "L'énigme blanche",
de
Peter Kassovitz (1982)… Récemment
silhouette
dans un cimetière dans Voleur de
vie
puis commerçante intrigante dans Au cœur
du
mensonge, Bulle Ogier revient aujourd'hui
au
premier plan en tenant le rôle de la
patronne
du Vénus Beauté.
1967
Pop'Game (Leroi)
Les idoles (Marc'O)
L'amour fou (Rivette)
1968
Quarante-huit heures d'amour (Saint-
Laurent)
Pierre et Paul (Allio)
Piège (Baratier)
1969
Paulina s'en va (Téchiné)
1970 M
comme Mathieu (Adam)
Out 1 : Spectre (Rivette)
Out 1 : Noli me tangere (Rivette)
Les stances à Sophie (Mizrahi)
La salamandre (Tanner)
1971
Rendez-vous à Bray (Delvaux)
La vallée (Schroeder)
1972
George qui ? (Rosier)
Le charme discret de la bourgeoisie
(Buñuel)
Le gang des otages (Molinaro)
Aussi loin que mon enfance (Parolini)
1973
Bel ordure (Marbœuf)
Io e lui (Salce)
Projection privée (Leterrier)
Un ange au paradis (Blanc)
Céline et Julie vont en bateau (Rivette)
1974 La
Paloma (Schmid)
Gold Flocken (Flocons d'or) (Schroeter)
Mariage (Lelouch)
Jamais plus toujours (Bellon)
1975 Duelle
(Rivette)
Maîtresse (Schroeder)
Un divorce heureux (Carlsen)
Sérail (De Gregorio)
1976
Des journées entières dans les arbres
(Duras)
1978
Navire Night (Duras)
Der Dritte generation (La troisième
génération)
(Fassbinder)
La mémoire courte (De Gregorio)
1979 Le
blanc et le rose (Pansard-Besson)
1980
Seuls (Reusser)
1981
L'homme de la nuit (Joyce Buñuel)
Notre-Dame de la Croisette (De
Gregorio)
Le pont du nord (Rivette)
Aspern (De Gregorio)
Agatha ou les lectures illimitées (Duras)
1983 La
derelitta (Igoux)
1984
Tricheurs (Schroeder)
1986 O
meu caso (Mon cas) (Oliveira)
Terre étrangère (Bondy)
Candy Mountain (id.) (Frank)
1987 La
bande des quatre (Rivette)
1991
Nord (Beauvois)
1993
Personne ne m'aime (Vernoux)
Circuit Carole (Cuau)
1994
Regarde les hommes tomber (Audiard)
Le fils de Gascogne (Aubier)
N'oublie pas que tu vas mourir
(Beauvois)
1996
Irma Vep (Assayas)
1997
Somewhere in the City (Niami)
Shattered Image (Ruiz)
Voleur de vie (Angelo)
1998 Au
cœur du mensonge (Chabrol)
Vénus Beauté (Institut) (Marshall)