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Bill Murray
C'est au cœur du verdoyant
Illinois, dans la petite ville de Wilmette, que Bill Murray a vu le jour le 21
septembre 1950, cinquième des neuf enfants à venir de Edward et Lucille Murray.
Caddie sur les terrains de golf pendant le temps libre de sa sage jeunesse, il
étudie chez les jésuites puis intègre une fac de médecine avant de devoir
abandonner pour avoir été arrêté en possession de marijuana. Il fait alors tous
les métiers, de manutentionnaire à pizzaiolo, puis se décide à suivre son frère
Brian au Second City, une troupe d'improvisation basée à Chicago. Là, Bill
Murray se lie avec Gilda Radner, John Belushi et Dan Aykroyd, et tous ensemble,
ils créent l'émission de radio à fort potentiel gondolatoire "The National
Lampoon Radio Show", bientôt suivi par des représentations en live à New
York. Bill Murray a donc enfin découvert sa voie, il sera comédien, et pas
comédien triste. Son credo, c'est la comédie : après un rapide passage au
"Howard Cosell Variety Hour", il fait son entrée au "Saturday
Night Live" en 1977, et devient bientôt un des murs porteurs de cette
vénérable institution. A son crédit des personnages cultes outre-Atlantique,
comme Todd le coincé ou Nick le crooner vicieux. Titulaire d'un Emmy pour cette
série de prestations, notre équivalent avant l'heure du Antoine de Caunes de
"NPA" démarre au cinéma en assurant, dès 1975, une des voix du dessin
animé belge Tarzoon, la honte de la jungle. Mais le film ne sortira pas avant
1979 aux Etats-Unis, salaceries obligent. Bill Murray en profite pour peaufiner
le personnage qui le caractérisera pendant longtemps, à savoir une sorte de
dandy méprisant, hautain et cynique.
Ses vrais débuts au cinéma, après
quelques téléfilms comiques ("The Rutles", une parodie des Beatles),
il les doit à Ivan Reitman, qui signe un grand succès de la comédie teenager
avec Arrête de ramer, t'es sur le sable. Reitman et Murray se retrouveront à
plusieurs reprises, notamment avec la comédie policière Les bleus, mais surtout
avec SOS fantômes, dont le triomphe assure la célébrité immédiate – et
mondiale – à Bill Murray. Il y incarne le doctor Peter Venkman, en guerre
contre les fantômes qui se permettent de prendre trop de place dans nos
intérieurs. On retrouve le comédien avec le même personnage dans SOS fantômes
2, et cinq ans plus tard, c'est le retour en première ligne avec Un jour sans
fin, de son vieux complice Harold Ramis. Dans cette délirante comédie sur le
temps qui passe, Bill Murray incarnait le présentateur de météo Phil Connors,
temporellement “piégé” dans une ville enneigée, condamné à revivre encore et
toujours la même journée jusqu'à ce que celle-ci soit parfaite. Une mécanique
scénaristique idéale, que Bill Murray enchaîne sur la non moins complexe
intrigue de Sexcrimes, dans lequel il incarne un avocat faussement candide.
Impresario efféminé au dernier stade dans Ed Wood, proviseur tatillon dans
Rushmore, ventriloque pathétique dans Broadway 39eme Rue, on a vu en 2000 notre
comique-né dans la peau de Bosley, coordinateur de charme de ces dames dans
Charlie et ses drôles de dames. Qui mieux que lui pouvait retranscrire la suave
sensualité, le charme viril et ombrageux du célèbre personnage ? Personne.
Polonius dans Hamlet version
Michael Almereyda en 2000, il se prête ensuite aux frasques des frangins
Farrelly dans Osmosis Jones, film mi live, mi animé où des cellules prennent
pour champ de bataille son pauvre corps. Patriarche acariâtre accusé par sa
progéniture d'être à l'origine de l'échec de leur vie dans La famille
Tenenbaums, Murray apparaît dans la comédie inédite en France Speaking of Sex,
film pour lequel il retrouve John McNaughton (Sexcrimes), et dans lequel il
voit une conseillère matrimoniale et un psychologue cherchant à résoudre les
problèmes d'un couple marié. Acteur de pub perdu dans Tokyo trouvant réconfort
auprès d’une compatriote aussi paumée que lui dans Lost in Translation de Sofia
Coppola, il prête sa voix au chat orange le plus cynique de la planète ciné,
Garfield avant d'être le capitaine d'une petite entreprise flottante en grande
difficulté, dont toute ressemblance avec un certain commandant Cousteau serait
absolument pas fortuite dans La vie aquatique de son ami Wes Anderson. Et c'est
sous la direction d'un autre pote, Jim Jarmusch, pour qui il avait tenu son
propre rôle devenu serveur et taillant une bavette aux membres du Wu Tang Clan
dans l'un des sketchs de Coffee and cigarettes, que le flegmatique comédien
revient aujourd'hui dans Broken Flowers. Il y est Don, l'endurci célibataire
qui apprend un beau jour par lettre anonyme qu'il est l'heureux géniteur d'un
beau bébé de… 19 ans et que ce dernier vient de fuguer de la maison familiale
pour partir à la recherche de son père inconnu, avant de jouer à nouveau sur
toutes les nuances de son imperturbable jeu d'acteur, pour camper un écrivain
usant ses guêtres dans les clubs louches de La Havane des années 50 sous la
direction de Andy Garcia dans The Lost City.
FILMOGRAPHIE
1979 Meatballs (Arrête de ramer,
t'es sur le sable) (Reitman)
The
Jerk (Un vrai schnock) (C. Reiner)
1980 Where the Buffalo Roam
(Linson)
Caddyshack
(Ramis)
Losse
Shoes (Ira Miller)
Mr. Mike's
Mondo Video (O'Donoghue)
1981
Stripes (Les bleus) (Reitman)
1982
Tootsie (id.) (Pollack)
1983
Nothing Lasts Forever (Schiller)
1984
Ghostbusters (SOS fantômes) (Reitman)
The Razor's Edge (Le fil du rasoir)
1986 The
Little Shop of Horrors (La petite boutique des horreurs) (Oz)
1988
Scrooged (Fantômes en fête) (Donner)
She's Having a Baby (La vie en plus)
(Hughes)
1989
Ghostbusters II (SOS fantômes 2) (Reitman)
1990 Quick
Change (Franklin, Murray)
1991 What
About Bob ? (Quoi de neuf, Bob ?) (Oz)
1992
Groundhog Day (Un jour sans fin) (Ramis)
1993 Mad
Dog and Glory (id.) (McNaughton)
1994 Ed
Wood (id.) (Burton)
1995
Comedy (Franklin)
1996
Kingpin (Farrelly)
Larger Than Life (Un éléphant sur
les bras) (Franklin)
Space Jam (id.) (Pytka)
1997 The
Man Who Knew Too... Little (L'homme qui en savait trop... peu) (Amiel)
Wild Things (Sexcrimes) (McNaughton)
With Friends Like These... (Messina)
1998
Rushmore (id.) (Anderson)
1999
Hamlet (id.) (Almereyda)
2000
Charlie's Angels (Charlie et ses drôles de dames) (McG)
Speaking of Sex (McNaughton)
2001
Osmosis Jones (id.) (B. & P. Farrelly)
The Royal Tenenbaums (La famille
Tenenbaums) (Anderson)
2003 Lost
in Translation (id.) (Coppola)
Coffee and
Cigarettes (Jarmusch)
2004 The
Life Aquatic with Steve Zissou (La Vie aquatique) (Anderson)
2005 Broken
Flowers (id.) (Jarmusch)
The Lost
City (Garcia)