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Milla Jovovich
Milla Natasha Jovovich est née le 17 décembre 1975 à
Kiev, en Ukraine, Etat alors dépendant de l'Union Soviétique. Enfant unique de
l'actrice Gallina Loginova et du physicien Bogdanovich Jovovich, elle passe ses
cinq premières années à voyager entre Londres, où travaille son père, et la
Russie, où le couple réside. Puis la famille quitte définitivement – et
secrètement – l'Union Soviétique pour aller s'installer à Sacramento, en
Californie. Nous sommes alors en pleine guerre froide, et la petite Milla sera
longtemps stigmatisée, aux Etats-Unis, comme la “communiste” de l'école... A 11
ans, Milla décide de devenir comédienne. Mais sa beauté imparable l'entraîne
d'abord sur les podiums, et, grâce à une photo de Herb Ritts qui fera la une d'un
magazine de mode italien, elle devient en quelques années une des top-models
les plus demandés de la planète, alignant les couvertures de magazines
quasiment à la chaîne. Le cinéma fait enfin appel à elle en 1988, alors qu'elle
a 13 ans, pour un rôle dans A fleur de peau, nanar crypto-érotique de
Zalman King, le scénariste de 9 semaines 1/2.
A 18 ans, Milla tâte de la chanson, sous l'égide de
Stuart Zender, bassiste de Jamiroquai, et sort son premier album, "The
Divine Comedy", dans une mouvance “world music” très loin des sucreries
auxquelles on aurait pu s'attendre. Les couvertures des magazines de mode
continuent à s'enchaîner, et les tournages aussi, mais les films sont loin
d'être des chefs-d'œuvre (Retour au lagon bleu ne fera pas d'elle une
Brooke Shields n°2), mis à part Dazed and Confused (inédit en France),
qui suscita un intérêt conséquent chez le public américain féru de films
indépendants et impertinents. Il faudra attendre 1997 et Le cinquième
élémént pour voir enfin exploser la plastique et le talent de la belle
Ukrainienne sur grand écran. Elle y est Leeloo, une rousse androïde chargée de
sauver le monde aux côtés de Bruce Willis. Sauvée côté cinéma, Milla se voit
réclamée par de bons réalisateurs, et tourne successivement sous la direction
de Spike Lee (He Got Game, où elle n'a cependant qu'un mini-rôle de
péripatéticienne camée jusqu'à l'os) et Wim Wenders (The Million Dollar
Hotel, où elle fait partie de la galerie de barjos, victime comme tous ses
partenaires de l'inanité du scénario). Le seul grand rôle de sa jeune carrière,
elle le doit à nouveau à son mentor et futur ex compagnon Luc Besson, qui la
fantasme en Jeanne d'Arc plus hallucinée que touchée par la grâce
divine. Après tant d'autres actrices (de Renée Falconetti à Ingrid Bergman),
Milla Jovovich impose sa Pucelle d'Orléans, impulsive et ravagée, avec un sens
de la démesure impressionnant. Pourtant, le cinéma semble encore se méfier de
la top reconvertie et ne lui propose pas des rôles à sa mesure : outre
deux apparitions frustrantes, l'une en chanteuse de bastringue dans Rédemption,
western sous Tranxène de Michael Winterbottom passé à la trappe, l'autre en
cruella de la mode lavant le cerveau de Zoolander, alias Ben Stiller.
Depuis, la belle a tourné deux comédies romantiques (You Stupid Man, avec
Denise Richards et Dummy, avec Adrien Brody), un thriller aux bras de
Samuel L. Jackson (No Good Deed, du vétéran Bob Rafelson), mais c'est
armée jusqu'aux dents qu'on la retrouve ce mois-ci dans Resident evil,
où elle casse du zombie à tour de bras.
FILMOGRAPHIE
1988 Two Moon Junction (A fleur de peau) (King)
1991 Return to the Blue Lagoon (Retour au lagon
bleu) (Graham)
1992 Chaplin (id.) (Attenborough)
Kuffs
(Evans)
1993 Dazed and Confused (Linklater)
1997 The Fifth Element (Le cinquième élément)
(Besson)
1998 He Got Game (id.) (Lee)
Jeanne
d'Arc (Besson)
1999 The Million Dollar Hotel (id.) (Wenders)
2000 The Claim (Rédemption) (Winterbottom)
2001 Zoolander (id.) (Stiller)
You
Stupid Man (B. Burns)
Dummy
(Pritikin)
Resident
Evil (id.) (P. Anderson)
2002 No Good Deed (Rafelson)