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Marisa Paredes
Née à Madrid le 3 avril 1946, Marisa Paredes apprend
son beau métier de comédienne au Conservatoire d'Art Dramatique de la capitale,
où elle fait ses premières armes au milieu des années 60. Après quelques tout
petits rôles, Jess Franco, alors en début de carrière, lui propose une
prestation plus importante dans L'horrible docteur Orloff, qui restera
d'ailleurs un des meilleurs films du maître aux deux cents nanars. Du coup, la
jeune et blonde comédienne se retrouve parachutée dans l'univers du film
d'angoisse, et deviendra une “scream-queen” ibérique confirmée. Pendant une
vingtaine d'années s'enchaîneront téléfilms ("El olivar de atocha",
"Gatos en el tejado", Crimen y Castigo"...), pièces ("Comedia
sin título", "El apagón") et séries B réalisées par de petits
maîtres (comme Jaime de Armiñán avec Carola de día, Carola de
noche), qui ne connaîtront pas de distribution hors d'Espagne. Tous sauf
un, Les crocs du diable, à la fin des années 70, dans lequel Léa Massari
est poursuivie par un chien sur fond de
dictature en Amérique latine. Marisa Paredes ne dispose que d'un petit rôle
dans le film, mais c'est son mari à la ville qui la dirige, Antonio
Isasi-Isasmendi. Le purgatoire n'est pourtant pas encore fini pour la comédienne,
qui tient seulement un rôle secondaire dans le très bavard drame de la jalousie
Cousine, je t'aime, et un autre plus conséquent dans le très populaire
(du moins en Espagne) Les bicyclettes sont pour l'été.
Le “sauveur” de Marisa Paredes se nomme Pedro
Almodóvar : en 1983, il lui propose d'endosser la robe de bure de sœur
Egarée dans son délire anticlérical Dans les ténèbres. Sauveur, car même
si on dit beaucoup de bien du film de terreur Tras el cristal (hélas
resté inédit en France), où elle est l'épouse d'un médecin nazi, c'est encore
par le biais de Pedro que la comédienne refait véritablement parler d'elle en
devenant Becky del Páramo, chanteuse qui découvre que sa fille vit avec un de
ses anciens amants dans Talons aiguilles. Un rôle flamboyant pour un
film triomphal. Dès lors, et bien que dans la fleur de l'âge, Marisa Paredes
devient un visage incontournable du cinéma espagnol et européen. Elle est la
femme de Jean Rochefort, coincé en zone de transit dans Tombés du ciel,
retrouve Almodóvar pour La fleur de mon secret où, écrivain névrosée
spécialisée dans le roman à l'eau de rose, elle a maille à partir avec les
hommes, puis elle est l'ex-femme de Marcello Mastroianni dans Trois vies et
une seule mort, la belle-mère de Benigni dans La vie est belle, et
incarne une mante religieuse pathétique dans le Mexique des années 50 avec Carmin
profond. Un des meilleurs rôles de cette actrice attachante, au visage sec
et grave, bien que dégageant une certaine sensualité.
La troisième rencontre avec Pedro Almodóvar sera
décisive : en acceptant d'incarner Huma Rojo, la mère de Manuela (jouée
par Cecilia Roth) dans Tout sur ma mère, Marisa revient aux
préoccupations familiales et au lien mère-fille qui fascinent tellement le
réalisateur madrilène. Bien lui en prend car le film est un nouveau triomphe,
aussi bien critique que populaire. La même année à Cannes (où le film
d'Almodóvar est présenté, et récompensé du Prix de la mise en scène), on peut
voir l'actrice dans le rôle de l'épouse parcheminée par l'ennui d'un colonel à
la retraite dans le Mexicain Pas de lettres pour le colonel. Et puis un
petit rôle dans Jonas et Lila, à demain, avant presque deux années
d'absence et un retour aujourd'hui dans le rôle d'une éclopée, directrice d'un
orphelinat poussiéreux dans l'Espagne de la guerre civile, à l'affiche de L'échine
du diable. Si elle n'apparaît que quelques secondes dans une séquence clin
d'œil de Parle avec elle, Marisa Paredes sera très bientôt en haut de
l'affiche de Salvajes, un premier film où la comédienne joue le rôle
d'une infirmière en quête d'amour.
FILMOGRAPHIE
1960 091 Policia al habla (Forqué)
Los
económicamente débiles (Lazaga)
1961 Canción de cuna (Elorrieta)
1962 Grito en la noche (L'horrible docteur Orloff)
(Franco)
1963 Llegar a más (Fernandez Santos)
1965 El mundo sigue (Fernan Gomez)
1966 La tía de Carlos en mini-falda (Fenollar)
1967 Reportaje de un rodaje (Serra)
1968 Tinto con amor (Montolio)
Réquiem
para el gringo (Martin, Merino)
No
disponible (Herrero)
Flash
25 (Martialay)
1969 El señorito y las seductoras (Fernández)
La
revoltosa (De Orduña)
Carola
de día, Carola de noche (De Armiñan)
1970 Fray Dólar (Peña)
1971 Pastel de sangre (Bellmunt, Chavarri)
El
espíritu del animal (Martinez Torres)
Goya,
historia de una soledad (Quevedo)
1972 Abismo (Carreño)
1974 Larga noche de julio (Cameron)
1977 El perro (Les crocs du diable)
(Isasi-Isasmendi)
1980 Opera prima (Cousine je t'aime) (Trueba)
Sus
años dorados (Lazaro)
1983 Las bicicletas son para el verano (Les
bicyclettes sont pour l'été) (Chavarri)
1984 Entre tinieblas (Dans les ténèbres) (Almodóvar)
1985 Tras el cristal (Villaronga)
1986 Tata mía (Borau)
Cara
de acelga (Sacristan)
Delirios
del amor (Andreu, Aute, González Vigil, Rotaeta)
1987 Mientras haya luz (Vega)
1990 Continental (Villaverde)
1992 Golem, l'esprit de l'exil (Gitai)
La
reina anonima (Suarez)
Tacones
lejanos (Talons aiguilles) (Almodóvar)
Hors
saison (Schmid)
1993 Tierno verano de lujurias y azoteas (Chavarri)
Tombés
du ciel (Lioret)
La
nave de los locos (Wertmuller)
1994 Cronaca de un amore violato (Le journal de
Luca) (Battiato)
1995 Talk of angels (Hamm)
La
flor de mi secreto (La fleur de mon secret) (Almodóvar)
Trois
vies et une seule mort (Ruiz)
Profundo
carmesí (Carmin profond) (Ripstein)
1996 Docteur Chance (Ossang)
1997 La vita è bella (La vie est belle) (Benigni)
Préférence
(Delacourt)
Le
serpent a mangé la grenouille (Guesnier)
1998 El coronel no tiene quien le escriba (Pas de
lettre pour le colonel) (Ripstein)
1999 Todo sobre mi madre (Tout sur ma mère)
(Almodóvar)
Jonas
et Lila, à demain (Tanner)
2001 El espinazo del diablo (L'échine du diable)
(Del Toro)
Salvajes
(Molinero)
Hable
con ella (Parle avec elle) (Almodóvar)