<< : >> |
Fabrice
Luchini
Fabrice
Luchini est né le 1er novembre 1951 à Paris, de parents
marchands
de primeurs. Dès l’enfance, il cherche à se faire
remarquer
des autres, de façon à établir autour de lui, dixit
l’intéressé,
“un cercle attentif et sécurisant”. Indiscipliné au
lycée,
il se retrouve apprenti coiffeur dans un salon. Un peu
plus
tard il devient animateur d’un night-club à Angoulême.
C’est
là que le remarque le cinéaste et romancier Philippe
Labro.
Celui-ci, séduit par le bagout et la maîtrise du verlan du
jeune
homme, lui confie un rôle dans son premier film, Tout
peut
arriver. Pris au jeu, Luchini s’inscrit au cours d’art
dramatique
de Jean-Laurent Cochet. Là, rencontre décisive
pour
l’apprenti comédien en la personne d’Eric Rohmer, séduit
par la
capacité de Luchini de citer Nietzsche à tout bout de
champ.
Son rôle dans Le genou de Claire marquera le début
d’une
collaboration fructueuse qui portera sur cinq films, le
dernier
en date étant L’arbre, le maire et la médiathèque.
Mais
les années 70, tout comme la décennie suivante, ne seront
qu’une
succession de hauts et de bas pour Fabrice Luchini.
Spécialisé
dans le cinéma d’auteur dans un premier temps (il
tourne
avec Pierre Zucca ou Pascal Aubier), il plonge au début
des
années 80 dans la pochade comique avec une capacité
d’adaptation
qui laisse pantois. On le retrouve ainsi en couple
avec
Aldo Maccione dans le T’es folle ou quoi de triste
mémoire,
et en obsédé sexuel dans trois films de Patrick
Schulmann
qui feront recette. On ira même jusqu’à le voir dans
Emmanuelle
4, un nanar érotique. L’érotisme, un genre qu’il
avait
déjà abordé sans inhibition dans Contes immoraux, et ce
dès le
début de sa carrière. Finalement, dans la deuxième
moitié
des années 80, Luchini est devenu un second rôle
honorable,
mais pas incontournable. Il faudra attendre 1990 et
La
discrète pour que le “personnage” Luchini commence à
naître.
Des attitudes, des phrases célèbres (“Elle est
immooooonde
!”) et une gestuelle inimitable associées à des
apparitions
télévisées mémorables en font un des acteurs les
plus
demandés des années 90. Le genre d’acteur dont le nom
seul au
générique permet de monter le financement d’un film.
Et ils
ne sont pas légion dans cette catégorie, du moins en
France.
Alternant comédie (Tout ça… pour ça, L’année
Juliette)
et drames romanesques (Le colonel Chabert,
Beaumarchais
l’insolent, voire Un air si pur…, le revoici,
grandiose
et pathétique à la fois, dans Rien sur Robert.
FILMOGRAPHIE
1969
Tout peut arriver (Labro)
1970 Le
genou de Claire (Rohmer)
Valparaiso, Valparaiso (Aubier)
1973
Contes immoraux (Borowczyk)
1974
Vincent mit l’âne dans un pré et s’en vint dans l’autre
(Zucca)
1977 Né
(Richard)
1978 Même
les mômes ont du vague à l’âme (Daniel)
Violette Nozière (Chabrol)
Perceval le Gallois (Rohmer)
1980 La
femme de l’aviateur (Rohmer)
1981
T’es folle ou quoi ? (Gérard)
1983
Emmanuelle 4 (Leroi)
Zig-zag story (Schulmann)
Les nuits de la pleine lune (Rohmer)
1984
Rouge-gorge (Zucca)
1985
Hôtel du paradis (Bokova)
Conseil de famille (Costa-Gavras)
P.R.O.F.S. (Schulmann)
1986
Max mon amour (Oshima)
Quatre aventures de Reinette et Mirabelle
(Rohmer)
Les oreilles entre les dents (Schulmann)
1987
Alouette, je te plumerai (Zucca)
1988 La
couleur du vent (Granier-Deferre)
1990 La
discrète (Vincent)
Uranus (Berri)
1991 Le
retour de Casanova (Niermans)
Riens du tout (Klapisch)
1992
Tout ça… pour ça ! (Lelouch)
Toxic affair (Esposito)
L’arbre, le maire et la médiathèque
(Rohmer)
1993 Le
colonel Chabert (Angelo)
L’année Juliette (Le Guay)
1995
Beaumarchais l’insolent (Molinaro)
1996
Hommes, femmes, mode d’emploi (Lelouch)
Un air si pur (Angelo)
1997 Le
Bossu (Broca)
1998
Par cœur (Jacquot)
Rien sur Robert (Bonitzer)