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Pavel Lounguine
Né le 12 juillet 1949 à Moscou, fils du scénariste
Semyon Lounguine, Pavel Lounguine effectue ses études à l'Université de Moscou
de 1965 à 1971 avant d'enchaîner sur l'Ecole de Cinéma de Moscou jusqu'en 1975.
Il devient alors à son tour scénariste comme papa, écrivant une dizaine de scénarios jusqu'en 1990, parmi lesquels
celui de Nepobedimyj, retraçant le parcours étonnant d'un homme qui inventa le
Sambo, un système d'auto-défense totalement russe mais basé sur différents arts
martiaux asiatiques. Au total, une petite dizaine de films qui ne traversent
guère les frontières de la grande Union Soviétique communiste. En 1989, comme
chacun sait, les chaoses changent. La vie de Pavel Lounguine aussi, qui passe à
la réalisation avec le très remarqué Taxi blues, présenté à Cannes,
errance d'un chauffeur de taxi dans le Moscou de la Perestroïka. Premier film
ouvertement critique du régime communiste, Taxi blues est une
mini-révolution cinématographique en soi. Suit un documentaire pour France 2,
pas très gentil avec l'ex-gouvernement soviétique, "Goulag, le secret du
bonheur", et Luna Park, son deuxième film, marque un nouveau coup d'éclat
sur la Russie nouvelle. Cette fois, il prend pour “héros” une bande de voyous,
les “Nettoyeurs”, groupuscule ultra-nationaliste qui se sont donné pour mission
de “purifier” le pays. Sauf que l'un des “nettoyeurs” apprend qu'il est
d'origine juive... Lounguine exprime par ce film son inquiétude de la tournure
que prennent les événements, même si le film passe ostensiblement du nihilisme
le plus noir à la comédie de mœurs.
Le réalisateur réalise ensuite un court métrage de
commande pour le film à sketches A propos de Nice, la suite, puis met en
scène Vincent Perez dans Ligne de vie, dans le rôle d'un Français aux
prises avec la mafia russe, obligé de vendre à des truands ouzbeks une usine...
qui n'existe pas ! Avec ce film, Lounguine pointe d'un doigt ironique, voire
surréaliste, la situation russe contemporaine où banditisme et corruption sont
devenus les nouveaux moyens de régner. Si La noce (présenté en sélection
officielle du Festival de Cannes 2000) lui permet de changer de tonalité (son
film est un vibrant et formidable hommage à l'âme russe et à la nostalgie), il
effectue aujourd'hui un retour en force au pays de Kafka (au sens figuré,
évidemment) avec Un nouveau Russe, récit d'une success-story
post-communisme dans laquelle un individu parvient à profiter de toutes les
failles du système néo-capitaliste pour s'enrichir formidablement en l'espace
de quelques années. Encore un regard acerbe et réaliste sur un pays en pleine
décadence, par un réalisateur ancré à des principes moraux souvent amplement
justifiés.
FILMOGRAPHIE
1990 Taksi-Blyuz (Taxi blues)
1992 Luna Park (id.)
1995 A propos de Nice, la suite (un sketch)
1996 Liniya zhizni (Ligne de vie)
2000 Svabda (La noce)
2002 Oligarkh (Un nouveau Russe)