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Sergi Lopez
Né le 22 décembre 1965 dans la banlieue de Barcelone, Sergi Lopez suit,
à partir de 1985, des cours d'acrobatie et entreprend une formation théâtrale,
toujours à Barcelone, puis à Paris. Il s'illustre alors dans une demi-douzaine
de spectacles, puis passe à la mise en scène en 1991. On le découvre en France,
au cinéma, dans le rôle principal de La petite amie d'Antonio, de Manuel
Poirier, lequel a rencontré le comédien dans un cours de théatre. Sergi y joue
un maçon d'origine espagnole qui, dans une petite ville du nord de la France,
s'éprend d'une jeune fille en rupture d'à peu près tout. Un superbe film qui
révèle l'ourson Sergi Lopez dans son rôle fétiche : le type gentil, souriant,
bon vivant, positif. Et un film pour lequel il est récompensé par le Prix
Michel-Simon. Une apparition dans ...à la campagne plus tard, le plus français
des Catalans trouve un rôle plus important dans Marion : deux films à
nouveau signés de son pygmalion et grand ami Manuel Poirier, lequel fera du
comédien une vedette un an plus tard grâce au miraculeux Western, où Sergi,
devenu VRP, se fait détrousser par un nabot russe venu de nulle part (Sacha
Bourdo), mais avec lequel il va bientôt sillonner les routes de Bretagne.
Présenté à Cannes en compétition officielle, ce road-movie enchanté y remporte
le Prix du jury. Et d’autres metteurs en scène finissent enfin par s’intéresser
au comédien catalan, à commencer par Catherine Corsini, qui en fait un amant (très
sexué) de Karin Viard dans La nouvelle Eve. Frédéric Fonteyne lui fait de son
côté partager l’intimité de Nathalie Baye dans le torride Une liaison
pornographique, et Marion Vernoux lui offre un second rôle dans Rien à faire,
qui prend pour toile de fond le chômage ordinaire.
Outre cette carrière française naissante mais déjà vivace, le comédien
commence à être demandé dans son pays natal : il tourne régulièrement pour
son compatriote catalan Ventura Pons (notamment en incarnant un très méchant
tueur dans Seconde chance), ou bien fait partie d’un groupe de névrosés du sexe
dans Entre les jambes, et enfin vient à la rescousse de Carmen Maura,
poursuivie par des tueurs dans l’inédit Lisboa.
2000 sera la grande année de la révélation internationale pour Sergi
Lopez grâce à Harry, un ami qui vous veut du bien, sorte de polar métaphysique
racontant les retrouvailles de deux connaissances de lycée, l’un poussant
l’autre, à son corps défendant, à devenir heureux. Le face-à-face éblouissant
entre Sergi Lopez et Laurent Lucas fait des étincelles à Cannes, où le film est
présenté. Dès lors la carrière du comédien (qui remporte le César du Meilleur
acteur pour l’occasion) s’éparpille aux quatre vents de l’Europe. S’il reste en
France pour y tenir d’abord quelques rôles secondaires (chauffeur de bus
irascible dans Reines d’un jour, père de famille dans Le lait de la tendresse
humaine), il décroche le cocotier en Espagne, où il est désormais tête
d’affiche : mari ultra-violent dans Solo mía (un de ses rares rôles antipathiques),
ou bien infidèle dans Au bonheur des hommes ou bien encore romantique dans le
très joli Une chance pour Miguel. Retour en grâce en France avec Manuel
Poirier, qui le fait tourner une énième fois et lui offre, dans Les femmes… et
les enfants d’abord, un sublime rôle de pater familias en pleine crise de la
quarantaine. Le rebond est le bienvenu, et lui permet d’envisager une carrière
internationale (en anglais) qu’il entame en incarnant un peu amène patron de
société de taxi dans le Dirty pretty things de Stephen Frears. On a aussi pu le
remarquer récemment en simple d’esprit qui se transforme en sanglier, la nuit
venue, dans le moyenâgeux Rencontre avec le dragon, ou encore au générique de
Janis & John, évocation des années 70 à travers le prisme musical Janis
Joplin/John Lennon. En 2005, il incarne un instituteur qui redonne la parole à
une fillette dans Les mots bleus de Corneau avant d’entrer, la même année, dans
la peau d’un aveugle pour les besoins du film des frères Larrieu, Peindre ou
faire l’amour. Cette année, Sergi Lopez revient dans Le labyrinthe de Pan, film
espagnol du mexicain Guillermo del Toro, dans lequel l’acteur incarne Vidal, un
capitaine de l’armée franquiste. On le verra davantage l’an prochain puisqu’il
sera la tête d’affiche de J’ai toujours rêvé d’être un gangster de Samuel
Benchetrit et de Parc, un drame dans lequel il jouera aux côtés de Jean-Marc
Barr.
FILMOGRAPHIE
1991 La petite amie d'Antonio (Poirier)
1993 ... à la campagne (Poirier)
1996 Marion (Poirier)
1997 Western (Poirier)
Caricies (Caresses)
(Pons)
1998 La nouvelle Eve (Corsini)
Entre las piernas
(Entre les jambes) (Gomez Pereira)
Lisboa (Hernandez)
Toreros (Barbier)
1999 Une liaison pornographique (Fonteyne)
Rien à faire
(Vernoux)
Arde, amor (Veiga)
Harry un ami qui
vous veut du bien (Moll)
Ataque verbal
(Albaladejo)
2000 Morir (o no) (Seconde chance) (Pons)
Te quiero (Poirier)
Harry, un ami qui
vous veut du bien (Moll)
2001 El cielo abierto (Une chance pour Miguel) (Albaladejo)
Hombres felices (Au
bonheur des hommes) (Santiago)
Le lait de la
tendresse humaine (Cabrera)
Reines d’un jour
(Vernoux)
Solo mía (Balaguer)
2002 Décalage horaire (Thompson)
Les femmes… ou les
enfants d’abord (Poirier)
Filles perdues,
cheveux gras (Duty)
Dirty Pretty Things
(id.) (Frears)
2003 Rencontre avec le dragon (Angel)
Janis & John
(Benchetrit)
She Died on Canvas
(Farley)
2004 Chemins de traverse (Poirier)
2005 Les mots bleus (Corneau)
Peindre ou faire l’amour (Les frères Larrieu)
2006 El laberinto del Fauno (Le labyrinthe de Pan) (del Toro)
2007 Parc (des Pallières)
J’ai toujours rêvé
d’être un gangster (Benchetrit)