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Kiyoshi Kurosawa
Kiyoshi Kurosawa, né en 1955 à Kobe, au Japon, n'a
aucun lien de famille avec le grand réalisateur japonais Akira Kurosawa. Nourri
aux classiques américains pendant les années 70 (Aldrich, Peckinpah, Fuller,
Siegel), il débute dans la réalisation par le Super-8 (il en réalisera onze
entre 1973 et 1988) alors qu'il est encore étudiant. Après quelques films sur
lesquels il n'est qu'assistant, ses premiers “vrais” films s'inscrivent dans
une veine expérimentale (l'érotico-godardien The Excitement of the
Do-Re-Mi-Fa Girl, qui commence à attirer l'attention de la critique
locale), dans la série B (Kandagawa Wars) ou dans le genre “film de
yakusa”. Avec sa série Suit Yourself or Shoot Yourself (cinq films au
total), il aborde l'érotisme torride, mais ses films, parfois tournés en vidéo,
ne sont toujours pas distribués hors du Japon. Il faudra attendre le très
sombre Cure, l'itinéraire sanglant d'un serial-killer qui ôte toute
volonté aux personnes qui l'approchent, pour que Kiyoshi Kurosawa, nanti pour
la première fois d'un budget conséquent, soit enfin remarqué dans les festivals
internationaux. En cinq ans, le jeune réalisateur, proimu pape du cinéma
underground japonais, va tourner à la vitesse de la lumière : quasiment
trois films par an, parmi lesquels Charisma, allégorie existentielle
autour d'un arbre étrange qui annihile toute vie aux végétaux alentour, ou bien
License to live, l'histoire d'un homme qui doit se réhabituer à la
société après avoir passé dix ans dans le coma. Autant de films parsemés de
questions métaphysiques sans réponse, où l'abstraction pure le dispute à une
inscription concrète dans l'espace-temps japonais. Autant dire que les films de
Kiyoshi Kurosawa suscitent de nombreuses interrogations et interprétations, ce
qui leur donne d'autant plus de valeur... Alors que Kairo (quatrième
film distribué en France sur près de vingt) s'inscrit dans la veine d'un film
de terreur sourde high-tech un peu à l'instar de Ring (de Hideo Nakata), deux
films ou où la technologie est perçue comme un vecteur des peurs ancestrales
(apparitions de fantômes...), on attend toujours dans les salles Vaine
illusion, une illustration plus contemplative d'une histoire d'amour entre
une homme et une femme tentés par la petite déliquance... A signaler que
Kiyoshi Kurosawa donne également des cours à la Film School de Tokyo.
FILMOGRAPHIE (les titres sont donnés en japonais et
en anglais pour plus de compéhension)
1983 Kandagawa inran/Kandagawa Wars
1985 Do-re-mi-fa-musume no chi wa sawagu/The
Excitement of the Do-Re-Mi-Fa-Girl
1989 Suito Homu/Sweet Home
Abunai
hanashi mugen monogatari
1992 Jigoku no keibiin/The Guard from the
Underground
1995 Katte ni shiyagare 1/Suit Yourself or Shoot
Yourself 1
Katte
ni shiyagare 2/Suit Yourself or Shoot Yourself 2
1996 Katte ni shiyagare 3/Suit Yourself or Shoot
Yourself 3
Katte
ni shiyagare 4/Suit Yourself or Shoot Yourself 4
Doa
3/Door 3
1997 The Revenge : A Visit from Fate
The
Revenge : The Scar That Never Fades
Kyua/Cure
(Cure)
Hebi
no michi/Serpent's Path
1998 Ningen gokaku/Licence to Live (Licence to live)
Kumo
no hitomi/Eyes of the Spider
1999 Karisuma/Charisma (Charisma)
Oinaru
genei/Barren Illusions
2000 Kairo (id.)