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Lawrence Kasdan
Né le 14 juillet 1949 à Miami, le réalisateur
“culte” Lawrence Kasdan grandit en Virginie de l'Ouest puis suit des études
professorales à l'Univeristé du Michigan avant de se rendre compte que
l'enseignement n'est pas forcément son truc. Devenu rédacteur dans une agence
de pub pendant près de cinq ans, il rédige à ses heures perdues des scénarios.
Ses deux premiers verront le jour de manière très aléatoire, puisque "The
Bodyguard", rédigé en 1977, ne prendra forme que quinze ans plus tard avec
Whitney Houston et Kevin Costner dans les rôles principaux, mais que
"Continental Divide" sera mis en images dès 1981 par Michael Apted.
Très habile dans l'écriture de dialogues comme dans les scènes d'action, on
reconnaît très vite le talent de Kasdan à Hollywood, et on lui passe d'emblée
commande de travaux colossaux. Il est ainsi chargé d'écrire rien moins que le
scénario de L'Empire contre-attaque en 1980 (Lucas et Kasdan partagent une
commune passion pour le cinéma de Kurosawa), suivi par celui des Aventuriers de
l'Arche perdue. Deux scénarios qui font de lui le talent montant d'Hollywood.
Le passage derrière la caméra ne se fait pas attendre, et La fièvre au corps
justifie pleinement les espoirs placés en lui : en renouant avec les fastes
du film noir mais en décalant l'action dans la moiteur de Floride, la descente
aux enfers de l'avocat incarné par William Hurt est un grand moment de cinéma
torride et capiteux. Inoubliable. Les copains d'abord s'impose ensuite
comme son œuvre la plus “culte” aux Etats-Unis, autour d'un sujet pourtant
grave : la réunion d'anciens amis pour la mort de l'un des leurs (joué par
Kevin Costner, que l'on ne voit en fait jamais dans le cercueil !). Un
film générationnel, un film d'illusions perdues, mené par un aréopage de
comédiens appelés à la gloire : William Hurt (encore), Tom Berenger, Kevin
Kline, Glenn Close, Jeff Goldblum...
Prouvant à nouveau son attachement au cinéma de
genre, il renoue avec le western pour l'étonnant Silverado, mêlant
plusieurs histoires où se retrouvent shérifs, bandits et gros éleveurs. Avec Voyageur
malgré lui (qui marque de nouvelles retrouvailles avec William Hurt),
Kasdan va vers la comédie tout en finesse en évoquant les aventures d'un
rédacteur de guides touristiques pantouflard. Toujours scénariste de ses films,
il évoque ensuite le mal des banlieues américaines avec Grand Canyon,
puis retrace, mais sans le souffle de Silverado, le destin du célèbre
“nettoyeur” Wyatt Earp dans le film homonyme. Un western larmoyant et
interminable, qui fait tache dans la filmographie du réalisateur. Par la suite,
ni la comédie “à la française” French kiss, avec Billy Crystal perdu
dans un Paris évidemment de carte postale, ni Mumford, petite comédie
dans laquelle un pseudo-psy vient s'installer dans la petite ville de Mumford
pour effacer son passé (film resté inédit en France) ne viennent redorer le
blason d'un scénariste/réalisateur/producteur (il a produit la plupart des ses
films) un peu en perte de vitesse. Gageons que Dreamcatcher, qui prend
sa source dans un étrange roman de Stephen King, ne vienne changer la donne,
même si c'est la première fois que Kasdan aborde aussi frontalement le genre du
film fantastique.
FILMOGRAPHIE
1981 Body Heat (La fièvre au corps)
1983 The Big Chill (Les copains d'abord)
1985 Silverado (id.)
1988 The Accidental Tourist (Voyageur malgré lui)
1990 I Love You to Death (Je t'aime à te tuer)
1991 Grand Canyon (id.)
1994 Wyatt earp (id.)
1995 French Kiss (id.)
1999 Mumford
2003 Dreamcatcher (id.)