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Le moins que l’on puisse dire,
c’est que Ron Howard est un enfant de la balle... ou de la pellicule ! Le
célèbre rouquin de "Happy Days" est né le 1er mars 1954, à Duncan,
dans l'Oklahoma, au cœur d’une famille d’acteurs. Son père avait tenu le
premier rôle dans une pièce de théâtre organisée par l’Université d’Oklahoma,
et sa mère avait été l’élève consciencieuse d’une école d’art dramatique de New
York. Ron, quant à lui, embrasse la carrière d’acteur à l’âge précoce de 18
mois. A 5 ans, il se produit dans des dramatiques télé comme "Black
December" ou "Barnaby and Mr. O’Malley". A 6 ans, il est engagé
dans le show d’Andy Griffith où il tiendra pendant huit ans le rôle d’Opie,
émule moderne de Tom Sawyer que sa naïveté et son aplomb rendront vite
légendaire. Pendant la durée de cette triomphale émission, il tourne également The
Music Man, de Morton Da Costa, et Il faut marier papa, de Vicente
Minnelli, où il interprète le fils de Glenn Ford. En 1969, Ron partage avec
Henry Fonda la vedette de la série "Ah ! Quelle famille".
Malgré son statut d’enfant-star,
les parents de Ron veulent qu’il ait la vie la plus normale possible : il
intègre une école publique et prend même, à l’âge de 15 ans, neuf mois
“sabbatiques” pour participer à la saison de basket. A la fin de ses études
secondaires, Ron Howard démarre la série adolescente "Happy Days"
pour laquelle il interprétera le rôle de Richie pendant sept ans. En 1976, il
remporte une nomination au Golden Globe dans le film-testament de John Wayne, Le
dernier des géants. Un an auparavant, il avait épousé Cheryl, son amour de
lycée, avec laquelle il aura quatre beaux enfants, tous roux !
Après avoir tourné de nombreux
courts métrages amateurs, il entre bientôt à la section cinéma de l’USC
(l’Université de Californie du Sud) mais la quitte après deux ans, persuadé
d’apprendre davantage sur le tas. En 1974, il écrit et réalise Lâchez les
bolides pour Roger Corman, puis fonde sa propre société, pour laquelle il
réalise et produit trois téléfilms : "Cotton Candy",
"Through the Magic Pyramid" et "Skyward", avec Bette Davis.
Le passage de l’acteur enfant à l’adulte est toujours très difficile dans une
carrière, d’autant que Ron, à 26 ans, commence déjà à perdre ses cheveux. Qu’à
cela ne tienne, puisque désormais notre homme se lance dans la réalisation. Il
produit alors divers pilotes et téléfilms, puis enchaîne trois des comédies les
plus populaires des années 80 : Night Shift avec Michael Keaton, Splash,
avec Tom Hanks et Daryl Hannah, et Cocoon, qui lui vaudra une citation
de la Directors Guild of America au titre de meilleur réalisateur.
Parallèlement à son activité de metteur en scène qui prend une telle ampleur
qu'il devient un réalisateur populaire, extrêmement lucratif (Willow, Backdraft)
et parfois surprenant (Portrait craché d’une famille modèle, l'un des
ses films les plus personnels est une savoureuse comédie teintée d'amertume ),
Ron Howard monte Imagine Film, sa propre société de production, qui est
aujourd’hui l’une des plus respectées de tout Hollywood, et qu’il dirige avec
Brian Grazer. Après un petit passage à vide au début des années 90
(conséquemment, notamment à l'échec commercial d'Horizons lointains,
avec Tom Cruise) Howard revient en force en 1995 avec le récit d’un épisode
mémorable de la course aux étoiles, Apollo 13, avec son vieux compère
Tom Hanks aux manettes. L’année suivante, il continue sur sa lancée en
réalisant un thriller plutôt vicieux avec Mel Gibson, La rançon. Tandis
qu'il immortalise ses empreintes de mains et de pieds sur une plaque de ciment
le long d’un boulevard hollywoodien, rejoignant ainsi ses pairs au panthéon du
cinéma, il réussit une satire mordante de la télé réalité avec En direct sur
Ed TV, avec Matthew McConaughey et Jenna Elfman, puis enchaîne avec les
frasques du Grinch, guignolerie tartinée de kitsch où Jim Carrey renoue
avec ses mimiques déchaînées. Après avoir brassé tous les styles, il ne restait
plus à Ron Howard qu'obtenir la consécration de ses pairs : c'est avec Un
homme d'exception, portrait d'un mathématicien schizophrène déguisé en un
thriller habile, qu'il décroche enfin l'Oscar du Meilleur réalisateur, plus
trois autres statuettes dont celle du Meilleur film, entre autre multiples
récompenses. Alors qu'il a enfin épuisé tous les genres, il est repassé par la
case western avec Les disparues sur fond de crise familiale entre papa
Tommy Lee Jones et fifille Cate Blanchett, et retrouve aujourd'hui Russell
Crowe métamorphosé en boxeur de légende sur le ring dans les années 30 de De
l'ombre à la lumière, avec également Renée Zellweger. Happy days,
vraiment ! Et ce n'est pas fini, puisqu'il tourne actuellement l'une des
adaptations de bouquin les plus attendues du moment, celle du pavé culte
"Da Vinci Code", avec le fidèle Tom Hanks mais aussi Jean Reno et
Audrey Tautou. Le film a d'ailleurs donné lieu à l'un des tournages les plus
secrets, récemment passé par Paris et son légendaire musée du Louvre.
FILMOGRAPHIE
1974 Grand Theft Auto (Lâchez les
bolides)
1982 Night Shift
1984 Splash (id.)
1985 Cocoon (id.)
1986 Gung Ho
1988 Willow (id.)
1989 Parenthood (Portrait craché
d’une famille modèle)
1991 Backdraft (id.)
1992 Far and Away (Horizons
lointains)
1994 The Paper (Le journal)
1995 Apollo 13 (id.)
1997 Ransom (La rançon)
1999 EdTV (En direct sur Ed TV)
2000 How the Grinch Stole
Christmas (Le Grinch)
2001 A Beautiful Mind (Un homme
d'exception)
2003 The Missing (Les disparues)
2004 Cinderella Man (De l'ombre à
la lumière)
2005 Da Vinci Code (id.)