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Harold Becker
Né en 1950 à New York, Harold Becker fait ses études
au Pratt Institute, où il s'initie à l'histoire de l'art, ce qui l'amène, en
début de carrière, à toucher à la fois au design, à la photographie puis à
l'illustration. La publicité sera son passeport pour la réalisation, qu'il
affinera par la suite en signant bon nombre de courts métrages, pour la plupart
documentaires. C'est en Angleterre, où il s'établit aux débuts des années 70,
qu'il s'attaque à la fiction avec The Ragman's Daughter. Présenté au
festival de Venise en 1972, le film suit les tribulations d'un couple de jeunes
malfrats et impose d'emblée le style percutant de son auteur. Sept ans plus
tard, le cinéaste frappe fort avec Tueurs de flics, inspiré d'un fait
divers, où un flic (John Savage) dont le partenaire a été flingué devant ses
yeux, subit sept ans de procédure pour que justice lui soit enfin rendue. Dans The
Black Marble, resté inédit en France, Harold Becker explore une nouvelle
fois le quotidien des policiers, cette fois sur un mode plus romantique,
puisqu'il voit une femme-flic s'éprendre de son co-équipier en pleine crise
existentielle. Nouveau coup d'éclat l'année suivante avec Taps, où le
cinéaste dépeint de manière suprenante la révolte de jeunes recrues contre la
fermeture de leur académie militaire. Autour d'un George C. Scott à l'autorité
naturelle, on y croise les bleus Tom Cruise et Sean Penn, à l'aube de la
carrière qu'on leur connaît. Son film suivant, Vision Quest (exploité
directement en vidéo sous le titre Crazy for you, tube de Madonna inclus
dans la BOF oblige) exploite plus traditionnellement les ressorts de la
success-story, révélant Matthew Modine en étudiant fada de la lutte, prêt à
tous les sacrifices pour gagner ses galons de champion. En 1988, Harold Becker
signe l'injustement méconnu Etat de choc, pourtant un électrochoc pour
ceux qui l'ont découvert, puisqu'il chronique avec une rare violence la
déchéance d'un couple de yuppies (James Woods et Sean Young) sous l'emprise de
la drogue. Mais c'est véritablement grâce à Mélodie pour un meurtre que
le cinéaste touche un large public, avec ce thriller élégant et sensuel, où
Pacino excelle en flic tombant raide dingue de la principale suspecte d'une
série de meurtres (Ellen Barkin, une révélation... à l'époque). Le genre lui va
comme un gant, ce qui pousse Becker à récidiver : Malice est un solide
polar à tiroirs, surtout l'occasion de découvrir une Nicole Kidman
machiavélique sous le masque angélique. Becker/Pacino, acte 2 : c'est City
Hall, là encore un thriller impeccablement troussé dans les coulisses peu
reluisantes de la course à la mairie de New York. Que diable Harold Becker
est-il allé faire ensuite dans la galère Code mercury ? L'énigme est
entière, vu l'inanité du scénario exploitant l'autisme comme ressort du suspens
et la cohorte d'invraisemblances qui s'ensuit. L'intrus, où la brave
famille américaine – décomposée – est de nouveau l'objet des
tracasseries d'un psychopathe, est-il sensé relever le niveau ? A vous de
juger...
FILMOGRAPHIE
1972 The Ragman's Daughter
1979 The Onion Field (Tueurs de flics)
1980 The Black Marble
1981 Taps (id.)
1985 Vision Quest
1988 The Boost (Etat de choc)
1989 Sea of Love (Mélodie pour un meurtre)
1993 Malice (id.)
1996 City Hall (id.)
1998 Mercury Rising (Code mercury)
2001 Domestic Disturbance (L'intrus)