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Olivier Gourmet
Olivier Gourmet est né en 1963, en Belgique. De parents agriculteurs, il
découvre, en participant à un spectacle d'école à l'âge de 10 ans, les joies
des planches, ce qui déclenche chez lui une vocation que rien ne pourra
désormais plus contrarier. Il entrera ainsi au Conservatoire Royal de Liège
dans la section Art Dramatique en 1984 et en ressort avec un premier prix deux
ans plus tard alors que les étudiants ont normalement cinq ans pour atteindre
cet objectif... Il déménage à Paris dans le but d'aller à Nanterre pour étudier
auprès de Patrice Chéreau mais suit, en attendant la date du concours, les
enseignements du Cours Florent en auditeur libre. Manque de chance : au
moment de tenter Nanterre, Chéreau annonce qu'il renonce à enseigner, et
Olivier Gourmet devra attendre de participer à Ceux qui m'aiment prendront le
train, de nombreuses années plus tard, pour retrouver le metteur en
scène/réalisateur.
C'est donc au théâtre que le comédien fait ses premières armes :
acteur de scène depuis 1986 ("Scaramouche", "Le mariage de
Figaro", "Les rats cycleurs", "L'annonce faite à
Marie", "Karl Valentin", "Don Juan") il suit plusieurs
stages (sur la Commedia dell'Arte avec Gonzales Mario ou encore sur le conte
africain avec Sotigui Kouyaté), et apparaît bientôt au cinéma, trouvant son
premier rôle dans Le huitième jour de Jaco Van Dormael, même si c'est dans le
rôle du père violent de La promesse que le public français le remarque
vraiment. On le reverra dans le très étrange Sombre, puis dans le drame
historique Je suis vivante et je vous aime. Routier sympa dans Le voyage à
Paris, boulanger dans Rosetta, on le retrouve, physique de brute au cœur
tendre, dans Nadia et les hippopotames de Dominique Cabrera et Peut-être, de
Cédric Klapisch. Le comédien belge ne s'arrête alors plus de tourner et
participe depuis 1997 de trois à six films par ans ! Il incarne ainsi un
handicapé en mal d'amour dans Nationale 7, participe le temps d'une scène au
film de Sylvie Verheyde Princesses, auprès d'Emma de Caunes, puis devient
médecin pour Le lait de la tendresse humaine de Dominique Cabrera. Il fut un
commissaire débonnaire et époux d'Anne Le Ny dans le film choral de Pascal
Thomas Mercredi, folle journée, avant de devenir le boss d'une boîte de nuit
dans le polar de Jacques Audiard Sur mes lèvres. Après avoir plongé au cœur de
la période trouble de l'Occupation sous les traits du réalisateur Roger Richebé
pour la fresque inspirée de la vie de Jean Aurenche et Jean-Devaivre,
Laissez-passer de Bertrand Tavernier, Olivier Gourmet retrouve une troisième
fois les frères Dardenne avec Le fils, où il incarne un enseignant en
menuiserie inexplicablement troublé par l'arrivée d'un nouvel apprenti. Il est
aussi à l'affiche de Peau d'ange, premier film de Vincent Perez derrière la
caméra, mais aussi Une part du ciel, drame carcéral de Bénédicte Lienard, dans
le rôle de l'avocat du personnage joué par Séverine Caneele. Mais Olivier
Gourmet ne s’arrête pas là et enchaîne les projets d’envergure. En 2003, il
apparaît en Robert Darzac soupçonné de meurtre par le célèbre inspecteur
Frédéric Larsan dans Le mystère de la chambre jaune de Bruno Podalydès, un
polar fidèle à l’esprit du roman de Gaston Leroux. Un an après avoir reçu le
prix d’interprétation masculine à Cannes pour Le fils, Olivier Gourmet retourne
sur la Croisette avec un film franco-espagnol, Les mains vides, un film au ton
mélancolique et dramatique qui n’est pas sans rappeler l’univers de Jacques
Tati. A la chaleur catalane, succède le froid autrichien, et c’est sous la
caméra de Michael Haneke qu’Olivier Gourmet se présentera une nouvelle fois
avec Le temps du loup, un huis-clos plongeant les comédiens dans une
semi-obscurité, soulignant l’atmosphère “ fin du monde ” de ce film.
Rôle engagé dans le film Adieu d’Arnaud des Pallières qui croise deux
histoires : une famille française d’agriculteurs et un Algérien en danger
dans son pays à qui la France refuse le statut de réfugié politique. Médecin
chez Cabrera avec La folle embellie, flic dans Pour le plaisir et dans Quand la
mer monte, père peau de vache dans Les fautes d’orthographe, il apparaît en
homme de théâtre emphatique dans Le pont des arts d’Eugène Green. Il est le
héros du cinquième long métrage de Jean-Pierre Denis, La petite chartreuse,
adapté du roman homonyme de Pierre Péju. Olivier Gourmet incarne un libraire
passionné de montagne qui mène une existence solitaire jusqu’au jour où il
rencontre Eva, une fillette de 8 ans. Il enchaîne avec le thriller social Le
couperet de Costa-Gavras pour retrouver le duo gagnant Bruno Podalydès / Gaston
Leroux avec Le parfum de la dame en noir. Dans Sauf le respect que je vous
dois, Olivier Gourmet incarne François, un homme bouleversé par un tragique
événement qui a eu lieu au sein de son entreprise. Après un rôle bref de
policier dans L’enfant de ses complices les frères Dardenne, le voilà en
inspecteur Terrasson, solaire et généreux, à l’accent du sud dans Les brigades
du Tigre de Jérôme Cornuau. On le retrouve en tête d’affiche de Mon colonel
dans le rôle du Colonel Raoul Duplan, un homme d’action et de verbe, engagé
dans “la guerre mondiale contre le communisme et le terrorisme”. Tout un
programme. En décembre, on le verra dans le premier long métrage de Martial
Fougeron, Mon fils à moi avec Nathalie Baye en mère sévère et possessive. Il
sera entre autres en tête d’affiche de Congorama, une comédie franco-belge,
dans Jacquou le croquant, l’adaptation du roman d’Eugène Le Roy par… Laurent
Boutonnat, le réalisateur de l’oublié Giorgino et enfin dans Pars vite et
reviens tard de Régis Wargnier d’après Fred Vargas.
FILMOGRAPHIE
1995 Le huitième jour (Van Dormael)
1996 La promesse (L. & J.-P. Dardenne)
1997 Sombre (Grandrieux)
Le bal masqué
(Vrebos)
Je suis vivante et
je vous aime (Kahane)
Cantique de la
racaille (Ravalec)
Ceux qui m'aiment
prendront le train (Chéreau)
1998 Le voyage à Paris (Dufresne)
Rosetta (L. &
J.-P. Dardenne)
Nadia et les
hippopotames (Cabrera)
1999 Notre père... (Verheyde)
Sauve-moi (Vincent)
Peut-être
(Klapisch)
2000 Toreros (Barbier)
Nationale 7
(Sinapi)
Le lait de la
tendresse humaine (Cabrera)
De l'histoire
ancienne (Miret)
2001 Mercredi, folle journée (Thomas)
Sur mes lèvres
(Audiard)
Un moment de
bonheur (Santana)
2002 Laissez-passer (Tavernier)
Le fils (L. &
J.-P. Dardenne)
Peau d'ange (Perez)
Une part du ciel
(Liénard)
2003 Le mystère de la chambre jaune (Podalydès)
Les mains vides
(Manos vacías) (Recha)
Le temps du loup
(Haneke)
Adieu (des
Pallières)
2004 Folle embellie
(Cabrera)
Pour le plaisir (Deruddere)
Quand la mer monte (Moreau, Porte)
Les fautes d’orthographe (Zilbermann)
Le pont des Arts (Green)
2005 Trouble (Cleven)
La petite chartreuse (Denis)
Le couperet (Costa-Gavras)
Le parfum de la dame en noir (Podalydès)
L’enfant (L. & J.-P. Dardenne)
Sauf le respect que je vous dois (Godet)
Ordinary Man (Lannoo)
2006 Les brigades du Tigre
(Cornuau)
Mon colonel (Herbiet)
Mon fils à moi (Fougeron)
Congorama (Falardeau)
Madonnen (Speth)
Jacquou le croquant (Boutonnat)
Pars vite et reviens tard (Wargnier)
Madre e ossa (Capone)