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Gérard Lanvin
Gérard Lanvin est né le 21 juin 1950, à
Boulogne-Billancourt. Son éveil à la comédie lui vient très jeune, à la suite
d'une représentation du "Malade imaginaire" dans laquelle se
produisait le père de l'un de ses copains. Arrêtant ses études à l'âge de 17
ans, effectuant nombre de petits boulots à la limite de la marginalité, Gérard
Lanvin choisit finalement l'enseignement de la vie et se retrouve vendeur de
jeans aux puces. Il y rencontre Coluche et Miou-Miou, qui vivent alors la grande
aventure du café-théâtre "Au Vrai Chic Parisien". Et c'est finalement
avec Martin Lamotte, l'un de leurs partenaires, et la comédienne Christine
Dejoux, que Lanvin s'associe pour créer un nouveau café-théâtre, "La Veuve
Pichard", après avoir sillonné la France au volant de son camion rempli de
jeans.
Après avoir servi d'homme à tout faire à la toute
jeune troupe, Lanvin finit par se retrouver sur scène à l'occasion de "La
Revanche de Louis XI", puis remplace Thierry Lhermitte dans "Amour,
coquillages et crustacés" (version scénique des Bronzés), devient madame
Germaine (la concierge) dans "Fromage ou désert", puis cuisinier du
Prince Charmant dans la pièce de Philippe Bruneau "Elle voit des nains
partout". C'est Coluche qui le fait débuter au cinéma dans Vous n'aurez
pas l'Alsace et la Lorraine, où il incarne le Chevalier Blanc. Après divers
emplois dans des comédies mineures, 1980 est l'année déterminante de sa
carrière : au Festival de Cannes, il tient la tête d'affiche du second
film de Jacques Bral, l'excellent polar Extérieur nuit, ainsi que de la
comédie dramatique de Bertrand Tavernier, Une semaine de vacances.
Introspection, comédie, policier : ses atouts sont alors nombreux, et le
jeune comédien est considéré comme un des espoirs du cinéma français. A la
télévision, on le voit dans "La traque", de Philippe Lefebvre, et un
an plus tard, il est l'employé soumis à un Michel Piccoli glacial et dangereux
dans Une étrange affaire, pour lequel il obtient le Prix Jean-Gabin. Le
bon accueil de Tir groupé, premier film de Jean-Claude Missiaen
– qui avait imposé Lanvin à des producteurs étonnamment réticents –,
et sa nomination aux César, confirment sa position dans la nouvelle génération
d'acteurs du cinéma français, bénéficiant d'un physique doux et rude à la fois,
entre tombeur des banlieues et grande gueule sympathique.
Lanvin retrouvera Michel Piccoli en 1982 dans
l'extrapolation futuriste Le prix du danger, d'Yves Boisset, puis
Jean-Claude Missiaen en 1983 pour Ronde de nuit, buddy-movie où il est
associé à Eddy Mitchell. Suivront deux triomphes commerciaux dans lesquels
Lanvin forme un duo tour à tour pathétiquement drôle avec Michel Blanc (Marche
à l'ombre), puis carrément explosif avec Bernard Giraudeau (Les
spécialistes). Nous sommes alors en pleines “années Lanvin”. Moi vouloir
toi, romance dont le comédien est à l'origine et dans lequel tourne sa
femme Jennifer, ne connaît hélas pas le même succès, tout comme la comédie Les
frères Pétard, dans laquelle il partage la vedette avec Jacques Villeret.
Claude Lelouch le “relancera” avec un gros succès (Il y a des jours...et des
lunes) et un semi-échec sans doute trop ambitieux (La belle histoire),
mais Lanvin s'est déjà éloigné de la capitale et du tourbillon de strass qui
entoure la vie des comédiens : vivant à La Baule, évitant les médias
autant que possible, il choisit désormais ses films avec soin, changeant, l'âge
aidant, de registre pour des personnages plus mûrs, moins impulsifs : on
pense à sa très belle composition dans Le fils préféré, de Nicole Garcia,
en 1995, à son personnage d'avocat de la haute qui tombe amoureux d'une
louloutte de banlieue dans En plein cœur, à celui de garde du corps de
Jean-Pierre Bacri dans Le goût des autres. Cosmonaute en pleine crise
conjugale avec sa femme Victoria Abril dans La femme du cosmonaute, amant de
Charlotte Gainsbourg dans le drame romantique méditérranéen Passionnément,
Lanvin était récemment un spécialiste des nuits parisiennes dans le sombre
Les morsures de l'aube, avant de retrouver les aléas du duo qui tue dans Le
boulet, pour lequel il fait donc équipe avec Benoît Poelvoorde, qui va bien
entendu s'acherner à lui pourrir la vie ! Autre comédie avec le délire
footballistique Trois zéros, dans lequel le comédien incarne un
entraîneur plus ou moins net déniché à Rio de Janeiro...
FILMOGRAPHIE
1977 Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine
(Coluche)
1978 Bête mais discipliné (Zidi)
1979 Les héros n'ont pas froid aux oreilles (Nemes)
Tapage
nocturne (Breillat)
1980 Extérieur nuit (Bral)
L'entourloupe
(Pirès)
1981 Une semaine de vacances (Tavernier)
Est-ce
bien raisonnable ? (Lautner)
Le
choix des armes (Corneau)
Une
étrange affaire (Granier-Deferre)
1982 Tir groupé (Missiaen)
Le
prix du danger (Boisset)
1983 Ronde de nuit (Missiaen)
1984 Marche à l'ombre (Blanc)
1985 Les spécialistes (Leconte)
Moi
vouloir toi (Dewolf)
1986 Les frères Pétard (Palud)
1988 Saxo (Zeitoun)
1989 Mes meilleurs copains (Poiré)
1990 Il y a des jours... et des lunes (Lelouch)
1991 La belle histoire (Lelouch)
1993 Les marmottes (Chouraqui)
1994 Le fils préféré (Garcia)
1995 Mon homme (Blier)
1996 Anna Oz (Rochant)
1997 La femme du cosmonaute (Monnet)
1998 En plein cœur (Jolivet)
Passionnément
(Nuytten)
1999 Le goût des autres (Jaoui)
2000 Les morsures de l'aube (De Caunes)
2001 Le boulet (Berbérian)
Trois
zéros (Onteniente)