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Suzanne
Flon
C'est
au Kremlin-Bicêtre, dans le Sud de Paris, que Suzanne
Flon
est née le 28 janvier 1918. Ses origines sont modestes, et,
alors
que ses parents la verraient bien embrasser une carrière
d'enseignante,
elle louche déjà du côté des planches. Après une
courte
période passée aux magasins du Printemps, où elle est
traductrice
pour les touristes égarés, des amis lui présentent
Edith
Piaf. Elle deviendra la confidente, la dame de compagnie
de la
grande chanteuse... mais ne renonce pas renoncé à ses
rêves
de comédie, et remporte un concours qui lui permet de
suivre
les cours d'art dramatique de Solange Siccart. Elle
effectue
finalement ses débuts scéniques en présentant des
spectacles
de music-hall à l'ABC, et en donnant la réplique à
Dandy,
un comique de l'époque.
Au
cinéma, Suzanne Flon débute sous l'égide de Raymond
Rouleau,
alors très célèbre comédien, puis elle croise la route
de Jean
Anouilh qui en fera, sur scène, l'une de ses actrices
fétiches.
Son premier grand rôle au cinéma, l'actrice le trouve
dans
Dernier amour de Jean Stelli. Bilingue en anglais, elle
fait
alors successivement la rencontre de John Huston et
d'Orson
Welles, qui s'attachent à elle et lui offrent des rôles
importants
dans Moulin Rouge puis dans Monsieur Arkadin.
Fragile,
menue, elle est souvent vouée aux rôles de femmes
discrètes
et vulnérables, et délaisse régulièrement le cinéma
pour le
théâtre. On la voit dans "Le complexe de Philémon",
"L'alouette",
"La mégère apprivoisée", "Antigone", "La nuit
des
rois". Elle retrouve Welles pour Le procès, et obtient un
prix au
Festival de Venise pour sa composition dans Tu ne
tueras
point de Claude Autant-Lara. Au théâtre, elle elle
omniprésente
dans les classiques de Shakespeare, de Tchékhov
ou de
Pirandello, mais joue aussi dans des pièces
contemporaines
de Loleh Bellon... Ele vieillit doucement et
apparaît
de loin en loin au cinéma dans des productions
étrangères,
des coproductions ou des films intimistes (Teresa,
de Gérard
Vergez, dans le rôle d'une ex-figurante de Cinecittà
mûrée
dans ses souvenirs), et revient dans l'œil public en 1982
en
incarnant la grand-mère sourde d'Un été meurtrier. Elle
remporte
le César du Meilleur second rôle féminin pour
l'occasion.
Suivra notamment un rôle dans La vouivre, et puis
elle
est de deux road-movies dans les années 90, d'abord
Gaspard
et Robinson avec Vincent Lindon et Gérard Darmon,
puis
Voyage à Rome, avec Gérard Jugnot. Toujours des
personnages
de petites vieilles lunaires et attachantes, qu'elle
campe
avec sobriété et tact. Dans Un crime au Paradis, elle est
la
vieille institutrice à laquelle s'est attaché Jacques Villeret.
FILMOGRAPHIE
1947
Capitaine Félix (Blomet)
1948
Suzanne et ses brigands (Ciampi)
Dernier amour (Stelli)
1949
Rendez-vous avec la chance (Reinert)
La cage aux filles (Cloche)
1950 La
belle image (Heyman)
1951
Procès au Vatican (Haguet)
1952
Moulin Rouge (id.) (Huston)
1955
Confidential Report (Monsieur Arkadin) (Welles)
1960 Tu
ne tueras point (Autant-Lara)
1961
Les amours célèbres (Boisrond)
1963
The Trial (Le procès) (Welles)
Château en Suède (Vadim)
Un singe en hiver (Verneuil)
La porteuse de pain (Cloche)
1964 Le
train (Frankenheimer)
1966 Si
j'étais un espion (Blier)
1967
Tante Zita (Enrico)
Le soleil des voyous (Delannoy)
1968 Le
franciscain de Bourges (Autant-Lara)
1969
Jeff (Herman)
La chasse royale (Leterrier)
1970
Aussi loin que l'amour (Rossif)
Sous le signe du taureau (Grangier)
Teresa (Vergez)
1972
Les volets clots (Brialy)
Le silencieux (Pinoteau)
1973 Un
amour de pluie (Brialy)
1975
Docteur Françoise Gailland (Bertucelli)
Monsieur Albert (Renard)
1976 M.
Klein (Losey)
1977
Comme un boomerang (Giovanni)
1980
Quartet (id.) (Altman)
1983
L'été meurtrier (Becker)
1987
The Diary of a Mad Old Man (Le journal d'un vieux fou)
(Rademakers)
Noyade interdite (Granier-Deferre)
1988 An
toute innocence (Jessua)
La vouivre (Wilson)
1990
Gaspard et Robinson (Gatlif)
1992
Voyage à Rome (Lengliney)
1999 Je
suis né d'une cigogne (Gatlif)
Les enfants du marais (Becker)
2000 Un
crime au paradis (Becker)