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Fanny Ardant
NŽe ˆ Saumur le 22 mars 1949,
Fanny Ardant est la fille d'un officier de cavalerie. Son enfance, dans le
sillage de sa famille, sera fait de voyages, entre la Sude, l'Espagne,
l'Angleterre puis Monaco, dont le palais est gouvernŽ par son pre. Elle
passera d'ailleurs toute son enfance dans la capitale monŽgasque. Aprs son
bac, la jeune fille entre ˆ Sciences Po, ˆ Aix-en-Provence, dans la section
Relations internationales, mais dŽcide de devenir comŽdienne, ayant, durant
toute son adolescence, ŽprouvŽ une vive passion pour le thŽ‰tre. Au milieu d'un
concours (elle prŽsente celui des Affaires Etrangres ˆ Londres), elle monte
ainsi ˆ Paris et s'inscrit au cours d'art dramatique de Jean PŽrimony. En 1974,
elle dŽbute sur scne aux c™tŽs de Jean Marais dans "Polyeucte" puis
joue les textes de Montherlant, Claudel et Racine en tournŽe. Aprs une
apparition quasi-subliminale en femme rvŽe dans Marie-PoupŽe de Jo‘l SŽria, la
jeune comŽdienne est rŽvŽlŽe ˆ la tŽlŽvision, en jeune fille romantique de
bonne famille, dans la saga en dentelles "Les dames de la c™te",
rŽalisŽe par Nina Companeez. ImmŽdiatement promulguŽe vedette, elle rencontre
dans la foulŽe Alain Jessua, qui lui offre un r™le d'infirmire dans Les
chiens, un polar avec GŽrard Depardieu. Mais dŽjˆ, Franois Truffaut l'a
remarquŽe, et ne pense plus qu'ˆ elle. Il lui Žcrira spŽcialement le r™le
principal de La femme d'ˆ c™tŽ, sublime histoire d'adultre vouŽ ˆ une fin
tragique. Elle y retrouvait GŽrard Depardieu et marquait dŽjˆ l'atmosphre de
son empreinte ˆ nulle autre pareilleÊ: un regard noir profond, un visage
triangulaire hors des modes, une haute stature et un port de reine, et surtout
cette voix rauque et veloutŽe, grave et profonde, aux accents prŽcieux et
aristocrates. Fanny Ardant donnera une fille ˆ Franois Truffaut, JosŽphine, en
1983. Mais dŽjˆ, elle est rŽclamŽe par les plus grands. Ainsi Alain Resnais lui
offre un des r™les de son film choral La vie est un roman, tandis que Truffaut
en fait l'hŽro•ne de sa comŽdie policire en noir et blanc, Vivement dimancheÊ!
Un des rares films du dŽbut de sa carrire o Fanny Ardant pourra exploiter sa
veine comique et fantaisiste. HŽro•ne romantique par excellence, elle est une
pianiste sublimŽe dans Benvenuta, la duchesse de Guermantes dans Un amour de
Swann, et retrouve Resnais pour le troublant voyage dans l'au-delˆ L'amour ˆ
mort, ainsi que pour le quartet amoureux de MŽlo. Entre-temps, au thŽ‰tre,
l'actrice succde ˆ Isabelle Adjani dans "Mademoiselle Julie", et
joue "Don Juan" en 1987.
Avec le personnage de Lotte,
sŽductrice se balanant avec sensualitŽ dans Le paltoquet, elle bouleverse son
image un peu papier glacŽ, mais se trompe en acceptant la comŽdie poussive
Conseil de famille, avec Johnny Hallyday. Et mis ˆ part son r™le d'Žpouse de
Vittorio Gassman dans le truculent La famille d'Ettore Scola, sa filmographie,
pendant les dix annŽes qui vont suivre, se perd un peu dans le cinŽma d'auteur
par trop intimiste. Elle tourne ainsi aux c™tŽs de Jeremy Irons dans Australia,
du belge Jean-Jacques Andrien, elle est l'une des Trois sÏurs du film de
l'Allemande Margarethe Von Trotta, puis tourne en anglais dans le polar Double
vue, et part en Isra‘l pour La femme du dŽserteur, et en Inde pour Amok.
Le grand public, lui, a un peu
oubliŽ des Žcrans la grande dame brune, qui regagne les faveurs du cinŽma
populaire via Le colonel Chabert, o elle retrouve GŽrard Depardieu pour
l'occasion, dont elle est ici l'Žpouse. Mais le retour en gr‰ce dŽfinitif de
l'actrice (avec un CŽsar ˆ la clŽ) se fera contre toute attente via la comŽdie,
et son incarnation d'une tenancire de bar gay un peu hystŽro dans PŽdale
douce. L'histoire d'amour entre Fanny Ardant et le public recommence, et ds
lors, l'actrice ne cessera plus de tournerÊ: Odette l'aristrocrate dans DŽsirŽ,
Marie de Guise dans Elizabeth, Žpouse frustrŽe d'un homme adultre et
impuissant dans La dŽbandande, mamie bourge et coincŽe dans Le fils du
Franais, (encore) aristo dans Le libertinÊ: plus dr™le que tragique, Fanny
Ardant met dŽsormais davantage son onctuositŽ et son veloutŽ au service de
comŽdies grand public. Seul le rŽcent Change-moi ma vie, o elle est une
actrice sur le dŽclin qui tombe amoureuse d'un travesti prostituŽ, renouait
avec une veine dŽlibŽrŽment tragique. Dans 8 femmes, la revoici en femme fatale
de bazar, ex-danseuse nue et sÏur de l'infortunŽ dŽcŽdŽ. Mais on l'attend
d'ores et dŽjˆ dans le drame espagnol Sin noticias de Dios, et surtout dans
Callas Forever, o, dans la peau de la divine Grecque, elle est bien sžr
l'hŽro•ne du biopic rŽalisŽ par Franco Zeffirelli. Maria Callas, un personnage
que Fanny Ardant conna”t bien pour l'avoir dŽjˆ incarnŽe sur scne dans
"Master Class", une pice unanimement saluŽe par la critique et le
public.
FILMOGRAPHIE
1976 Marie-PoupŽe (SŽria)
1979 Les chiens (Jessua)
1980 Les uns et les autres
(Lelouch)
1981 La femme d'ˆ c™tŽ (Truffaut)
1983 La vie est un roman
(Resnais)
Vivement
dimanche ! (Truffaut)
Benvenuta
(Delvaux)
1984 Un amour de Swann
(Schlšndorff)
Desiderio
(Tat˜)
L'amour
ˆ mort (Resnais)
1985 L'altra enigma (Gassman,
Tuzil)
Les
enragŽs (Glenn)
L'ŽtŽ
prochain (N. Trintignant)
1986 Le paltoquet (Deville)
Conseil
de famille (Costa-Gavras)
MŽlo
(Resnais)
1987 La famiglia (La famille)
(Scola)
1988 Paura e amore (Les trois
sÏurs) (Von Trotta)
1989 Pleure pas, my love (Gatlif)
Australia
(Andrien)
1990 Aventure de Catherine C.
(Beuchot)
1991 Rien que des mensonges
(Muret)
Afraid
of the Dark (Double vue) (C. Peploe)
La
femme du dŽserteur (Bat-Adam)
1992 Amok (Farges)
1993 Le colonel Chabert (Angelo)
1994 Siodmy pokoj (MŽszˆros)
Les
cent et une nuits (Varda)
1995 Al di lˆ delle nuvole
(Par-delˆ les nuages) (Antonioni)
Crepacuore
(Farina)
Sabrina
(id.) (Pollack)
PŽdale
douce (Aghion)
Ridicule
(Leconte)
DŽsirŽ
(Murat)
1997 Elizabeth (id.) (Kapur)
1998 Le d”ner (Scola)
Augustin,
roi du kung-fu (Fontaine)
1999 La dŽbandade (Berri)
Le
fils du Franais (Lauzier)
Le
libertin (Aghion)
2000 Change-moi ma vie (BŽgŽja)
2001 8 femmes (Ozon)
Callas
Forever (Zeffirelli)