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Clint Eastwood
Né à San Francisco le 31 mai 1930, Clint Eastwood fait son apprentissage
à la Universal avant de tenir pendant sept ans le second rôle de la série
"Rawhide". Après quelques films où il apparaît dans des rôles
secondaires, on le découvre véritablement au cœur des années 60 dans trois
immenses succès italiens signés Sergio Leone : Pour une poignée de
dollars, Et pour quelques dollars de plus, et Le bon, la brute et le truand.
Eastwood s'impose alors dans le profil émacié de "L'homme sans nom".
De retour aux Etats-Unis en 1968, Eastwood fonde la société Malpaso – sous la
bannière de laquelle il produit encore aujourd'hui ses films – et noue une
amitié fructueuse avec le réalisateur Don Siegel. Les proies, leur premier film
en commun, est également le premier volet de la saga de l'inspecteur Harry. Le
héros Eastwoodien prend alors sa pleine dimension dans deux genres
complémentaires : le western et le thriller urbain. Adoptant volontiers
une stature mythique, le comédien, que d'aucuns considèrent monolithique,
apparaît tour à tour comme un vengeur surgi du néant ou un chevalier errant en
quête de rédemption. Des traits de caractère récurrents chez ses personnages,
et qui iront en s'amplifiant à partir de 1971, année où Eastwood passe pour la
première fois de l'autre côté de la caméra. Il enchaîne alors les films de
genre tout en se jouant des clichés et des modes. Très bien organisé, le
réalisateur dépouille ses scènes à l'extrême, et ses films, pourtant chargés en
symboles, touchent un public féru d'action et de violence. Parmi la très longue
filmographie de l'acteur réalisateur, citons notamment le thriller Un frisson
dans la nuit (1971), le western baroque L'homme des hautes plaines (1973), les
films d'espionnage La sanction (1975) ou Firefox (1982). Honkytonk man marque
une rupture avec le film de genre, Eastwood s'attachant à tourner un film
d'initiation dans lequel un adolescent fait face à un père aventurier raté.
Retour au western crépusculaire avec Pale rider, et au polar avec La corde raide
ou Haut les flingues, deux films parmi les rares qu'il ne réalisera pas.
Vers la fin des années 80 l'auditoire de Clint Eastwood évolue vraiment,
avec des films tels que Bird, superbe évocation de la vie du jazzman Charlie
Parker, Chasseur blanc, cœur noir, qui retrace le tournage d'African Queen par
John Huston, et surtout Impitoyable, nouveau western crépusculaire qui lui
vaudra l'Oscar du Meilleur film et du Meilleur réalisateur et qui remportera un
vif succès dans le monde entier. Ayant trouvé une vitesse de croisière idéale
pour le tournage de ses films (environ un tous les deux ans), Eastwood s'essaie
à des genres qu'il n'a jamais abordé auparavant, tels que le mélodrame avec Sur
la route de Madison. Le succès est à nouveau au rendez-vous. Les pleins pouvoirs
le voient ensuite revenir vers son genre de prédilection, à savoir le thriller,
genre qu'il n'avait pas touché en tant que réalisateur depuis 1990 pour La
relève. Depuis, il a signé Minuit dans le jardin du Bien et du Mal, étrange
balade policière dans l'univers sudiste de la belle ville de Savannah, et
adaptation d'un roman à succès signé John Lee Hancock, enchaîné en 1999 avec
Jugé coupable, un honnête thriller, avant d'innover l'année suivante en versant
dans la SF, et devenir un papy cosmonaute pour le compte de la Nasa dans Space
cowboys. Revenu aussitôt à ses amours policières en réalisant Créance de sang,
il y joue un agent du FBI à la retraite qui voit la sœur de la femme dont il
porte le cœur transplanté lui demander d'enquêter sur son décès. Pour
l'académique Mystic River, il s'en retourne à la stricte réalisation, où trois
amis d'enfance se retrouvent pour faire le point sur leurs vies brisées par un
drame remontant à près de trente ans. Présenté au Festival de Cannes 2003, ce
dernier film fut l'occasion pour Eastwood de recevoir de ses pairs le Carrosse
d'or, un prix récompensant la singularité de l'ensemble de sa carrière. Il
retrouve ensuite le chemin des Oscars avec Million dollar baby, repartant de la
cérémonie avec quatre trophées dont celui du Meilleur réalisateur. Il dirige et
joue face à la fluide Hilary Swank dans cette histoire d'un entraîneur de boxe
et d'un jeune talent en jupon, tous deux chargés d'un lourd pathos, décidés à
gagner leurs galons de champions, coûte que coûte. Aujourd'hui, il revient à un
portrait d'hommes, Mémoires de nos pères rendant hommage aux marines qui se
sont sacrifiés sur l'autel de la démocratie, en droite ligne des “Frères de
sang”, déjà produit par Steven Spielberg. Un hommage très original qui trouvera
son écho dans Lettres de Iwo Jima, vision de cette même bataille mais du point
de vue japonais.
FILMOGRAPHIE (ACTEUR & RÉALISATEUR)
1955 Revenge of the Creature (La revanche de la créature) (Arnold)
Francis in the Navy
(Lubin)
Lady Godiva (Lubin)
Tarantula (id.)
(Arnold)
1956 Never Say Goodbye (Ne dites jamais adieu) (Hopper)
The First
Travelling Sales Lady (Lubin)
Star in the Dust
(La corde est prête) (Haas)
Away All Boats
(Pevney)
1957 Escapade in Japan (Escapade au Japon) (Lubin)
1958 Ambush at Cimarron Pass (Copelan)
La Fayette
Escadrille (Wellman)
1964 Per un pugno di dollari (Pour une poignée de dollars) (Leone)
1965 Per qualchi dollari in più (Et pour quelques dollars de plus)
(Leone)
1966 Il buono, il brutto e il cattivo (Le bon, la brute et le truand)
(Leone)
1967 Le streghe (Les sorcières) (sketch De Sica)
1968 Hang'em High (Pendez-les haut et court) (Post)
Cogan's Bluff (Un
shérif à New York) (Siegel)
1969 Where Eagles Dare (Quand les aigles attaquent) (Hutton)
Paint Your Wagon
(La kermesse de l'Ouest) (Logan)
1970 Two Mules for Sista Sara (Sierra torride) (Siegel)
Kelly's Heroes (De l'or pour les braves) (Hutton)
1971 The Beguiled (Les proies) (Siegel)
Play Misty for Me
(Un frisson dans la nuit) (Eastwood)
1972 Dirty Harry (L'inspecteur Harry) (Siegel)
Joe Kidd (id.)
(Sturges)
1973 High Plains Drifter (L'homme des hautes plaines) (Eastwood)
Magnum Force (id.)
(Post)
1973 Breezy (id.) (Eastwood)
1974 Thunderbolt & Lightfoot (Le canardeur) (Cimino)
1975 The Eiger Sanction (La sanction) (Eastwood)
1976 The Outlaw Josey Wales (Josey Wales, hors la loi) (Eastwood)
The Enforcer (L'inspecteur ne renonce jamais) (Fargo)
1977 The Gauntlet (L'épreuve de force) (Eastwood)
1979 Every Which Way but Loose (Doux, dur et dingue) (Fargo)
Escape from
Alcatraz (L'évadé d'Alcatraz) (Siegel)
1980 Bronco Billy (id.) (Eastwood)
Any Which Way You
Can (Ça va cogner) (Van Horn)
1982 Honkytonk Man (id.) (Eastwood)
Firefox (Firefox,
l'arme absolue) (Eastwood)
1983 Sudden Impact (Le retour de l'inspecteur Harry) (Eastwood)
1984 Tight Rope (La corde raide) (Tuggle)
City Heat (Haut les
flingues) (Benjamin)
1985 Pale Rider (id.) (Eastwood)
1986 Heartbreak Ridge (Le maître de guerre) (Eastwood)
1988 Bird (id.) (Eastwood)
The Dead Pool (La
dernière cible) (Van Horn)
1989 Pink Cadillac (id.) (Van Horn)
1990 White Hunter, Black Heart (Chasseur noir, cœur blanc) (Eastwood)
The Rookie (La
relève) (Eastwood)
1992 Unforgiven (Impitoyable) (Eastwood)
In the Line of Fire
(Dans la ligne de mire) (Petersen)
1993 A Perfect World (Un monde parfait) (Eastwood)
1995 The Bridges of Madison County (Sur la route de Madison) (Eastwood)
Casper (id.)
(Silberling) (simple apparition)
1996 Absolute Power (Les pleins pouvoirs) (Eastwood)
1997 Midnight in the Garden of Good and Evil (Minuit dans le jardin du
Bien et du Mal) (Eastwood) (réalisation seulement)
1998 True Crime (Jugé coupable) (Eastwood)
2000 Space Cowboys (id.) (Eastwood)
2002 Blood Work (Créance de sang) (Eastwood)
2003 Mystic River (id.) (Eastwood)
2004 Million Dollar Baby (id.) (Eastwood)
2006 Flags of our Fathers (Mémoires de nos pères) (Eastwood)
(réalisation seulement)
Letters from Iwo
Jima (Lettres de Iwo Jima) (Eastwood) (réalisation seulement)