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Gérard Depardieu

 

Gérard Depardieu est né le 27 décembre 1948 à Châteauroux (Indre), au sein d'une famille de six enfants. A 13 ans, après de menus larcins, il se retrouve en liberté surveillée. A 14 ans, il vend des savonnettes en province ; entre-temps, il est plagiste, puis fait le tour de l'Europe avant de revenir à Châteauroux travailler dans une imprimerie. Arrivé à Paris à 16 ans, il se découvre une passion : le métier d'acteur. Il entre au cours de théâtre de Jean-Laurent Cochet, qui le fait débuter sur scène dans "Les garçons de la bande". Il découvre ensuite le cinéma en tournant un court-métrage de Roger Leenhardt : Le beatnik et le minet (nul besoin de préciser lequel des deux rôles on lui avait proposé) (1965), puis avec Agnès Varda, Christmas Carol, un long-métrage qui ne sera jamais terminé. La télévision, à son tour, l'accueille : il interprète l'un des rôles du feuilleton "Rendez-vous à Badenberg" avec Rufus et Romain Bouteille. Dès 1971, son physique massif et ses intonations gouailleuses le font remarquer de la bande à Audiard, et il enchaîne les tournages avec les plus grands : Audiard, Buñuel, Giovanni, souvent dans des rôles de petites frappes. En 1973, il tourne avec Patrick Dewaere Les valseuses, qui fait de lui une star nationale et le chouchou de la critique. Dès lors, tout va très vite et les succès s'enchaînent alors qu'il ne quitte plus le haut de l'affiche : Sept morts sur ordonnance, de Jacques Rouffio, Dites-lui que je l'aime, de Claude Miller, Le dernier métro, de François Truffaut, Les compères, de Francis Veber, Fort Saganne, d'Alain Corneau, Police, de Maurice Pialat. Les années 80 seront celles de l'anoblissement culturel de la star, qui incarne toutes sortes de personnages historiques ou littéraires : Danton, Rodin, Cyrano de Bergerac... 

Désormais sollicité par des réalisateurs français de prestige comme Claude Berri (Germinal) ou Yves Angelo (Le colonel Chabert), Gérard Depardieu ne s'en contente pas et trouve, avec Green Card de Peter Weir, le rôle qui le fait découvrir outre-Atlantique et, conséquemment, dans le monde entier. Nous sommes alors au début des années 90. Deux ans plus tard, pour achever un long cycle cinéma où il incarne des figures historiques importantes, il sera le Christophe Colomb de Ridley Scott dans 1492 – Christophe Colomb. Et ce n'est pas fini : le monstre sacré du cinéma français, à l'aise aussi bien dans le comique (Les anges gardiens) que dans le drame ascétique (Sous le soleil de Satan), insaisissable et inclassable, incarnait, fidèle à son image de héros national, Porthos dans L'Homme au masque de fer, et un Obélix glouton et gouailleur dans Astérix et Obélix contre César.

Après avoir réalisé son deuxième film (après Le Tartuffe, en 1984), le drame adultérin Un pont entre deux rives, il se tourne alors vers la télévision, enchaînant plusieurs mini-séries sous la direction de Josée Dayan ("Le comte de Monte-Cristo", "Balzac" et "Les misérables"). 2000 est une année folle pour le Gargantua de la pellicule : un petit rôle dans Le placard de Francis Veber, un méchant couturier français dans 102 dalmatiens, une quasi-figuration dans un film russe et un rôle dans Concurrence déloyale d'Ettore Scola (avec lequel il n'avait encore jamais tourné)... Bilan des courses, aggravé par une hygiène de vie un peu trop relâchée : notre Gégé national (selon la formule consacrée) se retrouve sur un lit d'hôpital à subir une opération à cœur ouvert. Vite remis sur pied, la force de la nature retrouve son personnage d'Obélix dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre et part au Vietnam tourner quelques scènes sous la direction de Matt Dillon dans City of Ghosts. Auparavant, il aura incarné un réalisateur qui abandonne le tournage d'un film dans le CQ de Roman Coppola, présenté à Cannes 2001 mais sorti en salle seulement début 2003. Ancien bagnard devenu enquêteur dans un Vidocq tout de numérique revêtu, Depardieu enchaîne sur un thriller danois, I Am Dina, puis sur le tournage marathon de la série signée Yves Simoneau, "Napoléon", avec Christian Clavier dans le rôle-titre (il y est pour sa part Fouché, chef de la police). On n'arrête pas un bulldozer en route, et cette courte biographie mériterait d'être décuplée en longueur pour rendre compte de l'incroyable diversité du comédien, et de son immense force de travail. Dans la seule année 2002, il tourne cinq films supplémentaires : Aime ton père où il est un écrivain célèbre auquel s'oppose son fils (joué par... fiston Guillaume Depardieu) ; le délirant Blanche de Bernie Bonvoisin, dans lequel il campe D'Artagnan, Le pacte du silence, où il vient au secours d'une jeune carmélite en proie à des visions et enfin Wanted où il partage l’affiche avec Harvey Keitel, Renaud et Johnny Hallyday. En 2004 après l’épopée Bon voyage avec Isabelle Adjani et la comédie Tais-toi !, signée Francis Veber et avec Jean Reno, on voit l’acteur dans d'autres projets : Nathalie d'Anne Fontaine, RRRrrrr !!! sous la direction de l’ex-Nul Alain Chabat en compagnie des Robin des Bois, ou l'adaptation au cinéma du personnage fétiche de Frédéric Dard San Antonio. Après un rôle dans la fresque historique canadienne (inédite chez nous) Nouvelle France, Gérard Depardieu se fait flic désabusé face à Daniel Auteuil dans l'excellent polar d'Olivier Marchal 36 quai des Orfèvres, puis chef de chantier qui retombe, sous la caméra d'André Téchiné, sur une femme aimée il y a trente ans en la personne de Catherine Deneuve, dans Les temps qui changent. Et comme l'homme est insatiable, on peut le voir la même année dans une foule de projets, dont Je préfère qu'on reste amis, une comédie avec Jean-Paul Rouve, La vie de Michel Muller est plus belle que la vôtre ou encore en un tonitruant Boudu face et sous l'œil de la caméra de Gérard Jugnot, dans Boudu le remake du classique de Jean Renoir, Boudu sauvé des eaux. Après un passage éclair chez Wayne Wang dans Vacances sur ordonnance dans un rôle de chef cuisinier, il fait sonner ses retrouvailles avec Bertrand Blier pour un rôle sur-mesure où il incarne Charly, le mari de Monica Bellucci dans le très mitigé Combien tu m’aimes ? Il co-réalise avec Frédéric Auburtin un court métrage choral dans Paris, je t’aime où il met en lumière son amie Gena Rowlands dans le quartier St Michel. Dans Quand j’étais chanteur, il en vient même à pousser la chansonnette en interprétant un chanteur de bal. Et on le retrouvera dans de nombreux projets alléchants ces prochains mois, dont La môme d’Olivier Dahan et Asterix aux Jeux Olympiques de Thomas Langmann.

 

FILMOGRAPHIE

 

1965 Christmas Carol (inachevé) (Varda)

 

1970 Nausicaa (Varda)

 

1971 Nathalie Granger (Duras)

            Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques (Audiard)

            Le tueur (La Patellière)

            Le viager (Tchernia)

 

1972 L'affaire Dominici (Aubert)

            Un peu de soleil dans l'eau froide (Deray)

            Au rendez-vous de la mort joyeuse (J. Buñuel)

            La scoumoune (Giovanni)

            Deux hommes dans la ville (Giovanni)

 

1973 Rude journée pour la reine (Allio)

            Les Gaspards (Tchernia)

            Les valseuses (Blier)

            Stavisky... (Resnais)

            La femme du Gange (Duras)

 

1974 Vincent, François, Paul et les autres (Sautet)

            Pas si méchant que ça (Goretta)

 

1975 Novecento (1900) (Bertolucci)

            Maîtresse (Schroeder)

            Sept morts sur ordonnance (Rouffio)

            L'ultima donna (La dernière femme) (Ferreri)

            Je t'aime moi non plus (Gainsbourg)

 

1976 Barocco (Téchiné)

            René la canne (Girod)

            Baxter, Véra Baxter (Duras)

 

1977 Le camion (Duras)

            Dites-lui que je l'aime (Miller)

            La nuit tous les chats sont gris (Zingg)

            Préparez vos mouchoirs (Blier)

            Ciao maschio (Rêve de singe) (Ferreri)

            Violanta (Schmid)

 

1978 Le sucre (Rouffio)

            Les chiens (Jessua)

            L'ingorgo (Le grand embouteillage) (Comencini)

            Die linkshändige Frau (La femme gauchère) (Handke)

 

1979 Loulou (Pialat)

            Temporale Rosy (Rosy la bourrasque) (Monicelli)

            Buffet froid (Blier)

            Mon oncle d'Amérique (Resnais)

 

1980 Le dernier métro (Truffaut)

            Je vous aime (Berri)

            Inspecteur la bavure (Zidi)

 

1981 La femme d'à côté (Truffaut)

            La chèvre (Francis Veber)

            Le retour de Martin Guerre (Vigne)

            Le grand frère (Girod

            Le choix des armes (Corneau)

 

1982 Danton (Wajda)

            La lune dans le caniveau (Beinex)

 

1983 Les compères (Veber)

 

1984 Fort Saganne (Corneau)

            Le Tartuffe (Depardieu)

            Rive droite, rive gauche (Labro)

 

1985 Police (Pialat)

            Une femme ou deux (Vigne)

 

1986 Rue du départ (Gatlif)

            Jean de Florette (Berri)

            Tenue de soirée (Blier)

            Je hais les acteurs (Krawczyk)

            Les fugitifs (Veber)

 

1987 Sous le soleil de Satan (Pialat)

 

1998 Drôle d'endroit pour une rencontre (Dupeyron)

            Camille Claudel (Nuytten)

 

1989 Deux (Zidi)

            I want to go home (Resnais)

            Trop belle pour toi (Blier )

 

1990 Cyrano de Bergerac (Rappeneau)

            Uranus (Berri)

 

1991 Green Card (id.) (Weir)

            Mon père, ce héros (Lauzier)

            Merci la vie (Blier)

            Tous les matins du monde (Corneau)

 

1992 1492 - Christophe Colomb (R. Scott)

            Patrick Dewaere (Esposito)

            François Truffaut, portraits volés (Toubiana, Pascal)

            Hélas pour moi (Godard)

            Germinal (Berri)

 

1993 Una pura formalità (Une pure formalité) (Tornatore)

            My Father the Hero (My father ce héros) (Miner)

            Le colonel Chabert (Angelo)

 

1994 La machine (Dupeyron)

            Elisa (Becker)

            Les anges gardiens (Poiré)

            Les cent et une nuits (Varda)

            Le hussard sur le toit (Rappeneau)

 

1995 Le garçu (Pialat)

            Bogus (id.) (Jewison)

            The Secret Agent (L'agent secret) (Hampton)

            Unhook the Stars (Décroche les étoiles) (N. Cassavetes)

 

1996 Hamlet (id.) (Branagh)

            Le plus beau métier du monde (Lauzier)

 

1997 XXL (Zeitoun)

            The Man in the Iron Mask (L'Homme au masque de fer) (Wallace)

            La parola amore esiste (Mots d'amour) (Calopresti)

 

1998 Bimboland (Zeitoun)

            Astérix et Obélix contre César (Zidi)

 

1999 Un pont entre deux rives (Depardieu)

            Mirka (Benhadj)

            Tutto l'amore che c'é (Rubini)

            Les acteurs (Blier)

            Vatel (id.) (Joffé)

 

2000 102 Dalmatians (102 dalmatiens) (Lima)

            Zavist Bogov (Menshov)

            Le placard (Veber)

            Vidocq (Pitof)

            Concorrenza sleale (Concurrence déloyale) (Scola)

 

2001 Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (Chabat)

            CQ (id.) R. Coppola)

            City of Ghosts (Dillon)

            Streghe verso nord (Veronesi)

            I Am Dina (Bornedal)

 

2002 Aime ton père (Berger)

            Between Strangers (Ponti)

            Crime Spree (Mirman)

            Blanche (Bonvoisin)

            Le pacte du silence (Guit)

 

2003 Bon voyage (Rappeneau)

             Tais-toi ! (Veber)

             Nathalie (Fontaine)

             RRRrrrr ! ! ! (Chabat)

            San Antonio (Touil-Tartour)

 

2004 36 quai des Orfèvres (Marchal)

            Nouvelle France (Beaudin)

            Les temps qui changent (Techiné)

            Je préfère qu'on reste amis (Nakache, Toledano)

            Boudu (Jugnot)

La vie de Michel Muller est plus belle que la vôtre (Muller)

 

2005 Combien tu m’aimes ? (Blier)

            Olé ! (Quentin)

 

2006     Paris, je t’aime

Quand j’étais chanteur (Giannoli)

Michou d’Auber (Gilou)

La Môme (Dahan)

L’invito (Calopresti)

Asterix aux Jeux Olympiques (Langmann)