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Mathieu Demy
Mathieu Demy, né le 15 octobre
1972 à Paris, a de qui tenir puisqu'il est le fils des cinéastes Jacques Demy
et Agnès Varda. Présent, dès l'enfance, dans certains films de sa mère (c'est
notamment l'enfant de l'héroïne, exilée à Los Angeles, de Documenteur),
c'est encore sous l'égide de celle-ci qu'il fait ses véritables débuts
cinématographiques en 1987, en ado passionné de jeux vidéo – et
accessoirement fils de Jane Birkin – dans Kung-fu master. En 1993,
le jeune réalisateur Antoine Desrosières lui confie la vedette de son premier
film, A la belle étoile, l'éducation sentimentale d'un jeune homme des
années 90. Le film n'est pas un triomphe public mais un réel succès d'estime.
Toujours est-il que Mathieu Demy est lancé, et c'est véritablement le succès de
Jeanne et le garçon formidable qui en fait un jeune espoir du cinéma
français. Il incarne, dans cette charmante comédie musicale, une jeune homme
atteint du sida et qui, par amour et pour l'épargner, quitte la jeune femme
dont il est amoureux. Lunaire, décalé, il est Le New Yorker du film de
Benoît Graffin, jeune Français sans le sou exilé à New York qui se fait
débaucher par une jeune et riche Américaine pour jouer dans un snuff-movie.
Stagiaire à la réalisation sur une série télé pour adolescents dans Mes amis,
il y fait chanter son patron qui a commis un meurtre : encore un rôle
mi-figue mi-raisin pour un comédien qui joue constamment sur le fil de la
dérision et du drame. On le retrouve en petite frappe qui double un trafiquant
de drogue dans Les marchands de sable, mais c'est sa formidable incarnation de
Simon, personnage central de Quand on sera grand, qui est, à ce jour, son
meilleur rôle. Celui d'un plus-ado-pas-encore-adulte qui doit faire face à ses
responsabilités quand sa petite amie lui annonce sa prochaine paternité. Acteur
en phase de désintoxication dans la comédie satirique de Benoît Cohen, Les
acteurs anonymes, ex de Audrey Tautou dans Dieu est grand, je suis toute
petite, on retrouve ensuite Mathieu en haut de l'affiche du Nouveau
Jean-Claude, où il incarne l'imbécile heureux (livreur de pizzas la nuit,
mime-statue le jour !). Il apparaît alors dans un registre radicalement
différent, en défenseur enragé de la cause arménienne dans le film de Robert
Kechichian, Aram, aux côtés de Simon Abkarian. Après avoir retrouvé Benoît
Cohen pour Nos enfants chéris où il joue un père de famille trentenaire qui
tombe par hasard sur un amour de jeunesse (Romane Bohringer), elle aussi
entourée de marmots, avec qui il décide de passer quelques jours de vacances,
Mathieu Demy revient aujourd’hui sous la direction d’Emilie Deleuze en
scientifique spécialiste du mouvement héritant du haras de son défunt frère
dans Mister V.
FILMOGRAPHIE
1976
L'une chante, l'autre pas (Varda)
1981 Documenteur (Varda)
1987 Kung-fu master (Varda)
Jane B. par Agnès V. (Varda)
1988 Trois places pour le 26
(Demy)
1993 A la belle étoile
(Desrosières)
1994 Les cent et une nuits
(Varda)
1996 Arlette (Zidi)
1997 Jeanne et le garçon
formidable (Ducastel, Martineau)
1998 Le New Yorker (Graffin)
Mes amis (Hazanavicius)
1999 Banqueroute (Desrosières)
La chambre obscure (Questerbert)
2000 Dieu est grand, je suis
toute petite (Bailly)
Les marchands de sable (Salvadori)
Quand on sera grand (Cohen)
Folle de Rachid en transit sur Mars (court
Mon ami Rachid) (Barassat)
2001 Les acteurs anonymes (Cohen)
2002 Le nouveau Jean-Claude
(Tronchet)
Aram
(Kechichian)
2003 Nos enfants chéris (Cohen)
Mister
V (Deleuze)