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Dario Argento

 

NŽ le 7 septembre 1940 ˆ Rome, Dario Argento est le fils du producteur Salvatore Argento et de la top-model brŽsilienne Elda Luxardo. Celui qu'on surnomme aujourd'hui le pape du ÒgialloÓ (le terme renvoie ˆ des romans policiers horrifiques trs populaires en Italie, dont la couverture Žtait jaune, soit ÒgialloÓ en italien) a dŽbutŽ sa carrire en Žcrivant pour des magazines de cinŽma tout en suivant des Žtudes dans une Žcole catholique. Son diplome en poche, il laisse tomber l'idŽe d'entrer en fac et se fait engager par le journal "Ples Sera" o il a sa propre rubrique rŽgulire. L'Žcriture journalistique le conduit ˆ frŽquenter le milieu du cinŽma et ˆ Žcrire une douzaine de scŽnario de films, pour la plupart des westerns, dont le cŽlŽbrissime Il Žtait une fois dans l'Ouest, auquel il appose sa patte (on lui doit notamment la sŽquence d'ouverture, sur le quai d'une gare, avec une mouche ÐÊdŽjˆ !ÊÐ taquine) en collaboration avec Bernardo Bertolucci. Deux ans plus tard, il passe ˆ l'offensive en rŽalisant son premier film, L'oiseau au plumage de cristal, librement adaptŽ d'un polar de Frederick Brown et produit par la sociŽtŽ de son pre. Fortement influencŽ par Mario Bava et ses Six femmes pour l'assassin, ce coup d'essai porte en germe toutes les obsessions et les arabesques visuelles de l'auteurÊ: intrigue tarabiscotŽe en dŽpit d'une trame basique (un tueur masquŽ, un tŽmoin, une enqute jalonnŽe de cadavres), flirt virtuose avec le fantastique, jeu des apparences et du trompe-l'Ïil, chorŽgraphie sadique et jouissive des meurtres (sauvages), lenteur calculŽe o suintent l'angoisse et les terreurs enfantines, ritournelle obsŽdante... et dŽnouement abracadabrantesque ˆ coup de psychanalyse de bazarÊ! Autant de partis-pris qui feront ˆ la fois le malheur de l'auteur (la censure trononne rŽgulirement ses films) et son bonheur (Dario Argento est passŽ de l'artiste maudit au gŽnie honorŽ, mme tardivement, par la CinŽmathque Franaise).

Ses deux films suivants sont dans la mme veine, mais le style s'affine et les morceaux de bravoure abondent, comme dans Quatre mouches de velours gris avec le meurtre de la nurse coincŽe au crŽpuscule dans un parc labyrinthique. Aprs une parenthse inŽdite en salles (Le Cinque Giornate, un western historique avec la star comique de l'Žpoque, Adriano Celentano), Dario Argento signe ce que beaucoup considrent comme son chef-d'Ïuvre, Les frissons de l'angoisse, qui dŽbute par l'assassinat mŽmorable de la medium Macha MŽril ˆ coups de h‰che et qui finit sa course empalŽe sur les Žclats de verre de sa fentreÊ! Violentissime et baroque ˆ souhait, le film, outre le fait que son hŽro•ne Daria Nicolodi devient la compagne du rŽalisateur, prŽfigure un virage fantastique dans l'Ïuvre du ma”tre. C'est ainsi que na”t Suspiria, le premier volet d'une trilogie (inachevŽe) consacrŽe aux trois sorcires, visages de la mortÊ: la Mre des Soupirs, la Mre des Larmes et la Mre des TŽnbres. Dans Suspiria, qui se dŽroule dans un collge pour jeunes ballerines endeuillŽ par une sŽrie de morts forcŽment atroces, Dario Argento laisse libre cours ˆ son gožt de la dŽbauche visuelle : couleurs saturŽes, profusion de kitsch dantesque, bande-son ˆ saturation, le tout emportŽ par le souffle d'une poŽsie macabre et la virtuositŽ d'une camera prima donna qui n'est pas sans rappeler un certain De Palma, mme si les deux cinŽastes n'avoueront jamais l'Žvidente interaction entre leurs films. Inferno, dont l'intrigue se dŽroule dans une b‰tisse cauchemardesque, met la barre toujours plus haut, accumulant les dŽrapages les plus fous (l'aveugle dŽvorŽ par une bande de rats surgis de nulle part) et les Žclairs de gŽnie (la scne quasi-muette dans le sous-sol inondŽ).

 

Par la suite, le cinŽaste alterne giallo et fantastique, avec plus ou moins de bonheur : si TŽnbres, dans lequel un Žcrivain traque un serial-killer s'inspirant des meurtres dŽcrits dans ses romans, est un exercice d'une virtuositŽ inou•e et rŽserve son lot de sŽquences choc (amputation goresque d'un bras, voleuse ŽtranglŽe avec les pages du dit roman), Phenomena reprend le cadre du pensionnat pour jeunes filles, mlant polar et surnaturel pour un rŽsultat inŽgal, mais rŽvŽlant tout de mme la si belle Jennifer Connelly. Aprs s'tre tournŽ vers la production de jeunes talents italiens (Michaele Soavi) et l'Žcriture pour Lamberto Bava (Demons et Demons 2), Argento rŽalise Opera, film traversŽ d'idŽes branques (l'invasion des corbeaux sur la scne) mais qui souffre de conditions de tournage dŽlicates (dŽcs de son pre, sŽparation avec sa compagne, dŽsistement de Vanessa Redgrave juste avant le dŽbut du tournage). L'Žchec d'Opera entra”ne le rŽalisateur ˆ s'exiler aux Etats-Unis, o il se fourvoie en signant un sketch de Deux yeux malŽfiques, l'occasion de retrouver George A. Romero dont il avait produit et participŽ ˆ l'Žcriture de l'hallucinant Zombie en 1978. Il y rŽalisera aussi Trauma, avec, pour la premire fois sa fille Asia en tte d'affiche dans le r™le d'une anorexique. Mais le giallo supporte mal l'exportation au pays de l'Oncle Sam. De retour en son pays, Argento rŽussit avec La sindrome di Stendhal (inŽdit en france, sauf en vidŽo sous le titre Le syndrome de Stendhal) un giallo sombre et dŽsepŽrŽ, digne de ses dŽbuts, o Asia Argento, violŽe et sŽquestrŽe par un psychopathe, sombre dans la folie. Si les fans se demandent encore quelle mouche a piquŽ le cinŽaste pour revisiter aprs mille autres le mythe du Fant™me de l'Opera (pour Asia Argento, vraiment), ils devraient se dŽlecter du Sang des innocents, un giallo pur et dur, comme au bon vieux temps... ou presque. 

 

FILMOGRAPHIE

 

1969 L'uccello dalle piume di cristallo (L'oiseau au plumage de cristal)

 

1970 Il gatto a nove code (Le chat ˆ neuf queues)

 

1971 Quattro mosche di velluto grigio (Quatre mouches de velours gris)

 

1973 Le cinque giornate

 

1975 Profondo rosso (Les frissons de l'angoisse)

 

1977 Suspiria (id.)

 

1979 Inferno (id.)

 

1982 Tenebrae (TŽnbres)

 

1984 Phenomena (id.)

 

1987 Opera (id.)

 

1990 Two Evil Eyes (Deux yeux malŽfiques) (sketch)

 

1994 Trauma (id.)

 

1996 La sindrome di Stendhal

 

1998 Il fantasma dell'opera (Le fant™me de l'opŽra)

 

2000 Non ho sonno (Le sang des innocents)