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Patrick Chesnais
Né à La Garenne-Colombes, en banlieue parisienne, le
18 mars 1947, Patrick Chesnais choisit d'entrée au Conservatoire d'Art
Dramatique après l'obtention de son bac, en 1965. Il suit alors les cours de
René Simon et de Lise Delamare et obtient, en 1968, un premier prix en comédie.
Il a tout juste 20 ans. Dès lors et pendant les dix années qui vont suivre, le
jeune comédien va accumuler les rôles au théâtre, de "Pauvre Bitos"
de Jean Anouilh en 1967 au "Jeune homme" de Jean Andureau en 1972, en
passant par "La dame de Chicago" de Frédéric Dard en 1968, jusqu'aux
"Amoureux" de Goldoni en 1976, avec Brigitte Roüan. Eclectique,
insatiable, Chesnais endosse des rôles tellement contrastés sur scène que la
reconnaissance tarde. Et ce sera à peu près le même schéma au cinéma, où il
apparaît dès 1976, accumulant les seconds rôles pendant plus de dix ans sans
acquérir un véritable statut de vedette. La moustache et l'œil tombant, une
ironie suave au bord de la lèvre qu'il a frémissante, Patrick Chesnais change
peu de visage, sinon de registre : c'est un peu le Droopy du cinéma
français. Homme d'affaires suicidaire dans La provinciale, gitan avenant
dans Les sacrifiés, chef de chantier trompé par un escroc dans Monsieur
Albert, contremaître intraitable dans L'empreinte des géants,
journaliste idéaliste dans L'œil du maître, flic entêté dans Ras le
cœur, marquis libertin dans Corentin, coiffeur résistant dans Blanche
et Marie, restaurateur dans Les cigognes n'en font qu'à leur tête,
médecin violent dans Il y a des jours... et des lunes, Patrick Chesnais
est partout et nulle part à la fois, inclassable. Jusqu'au jour où son ami
Michel Deville, qui l'avait déjà fait tourner dans le très étrange Dossier
51, lui offre un des premiers rôles de La lectrice, où, en PDG
égrillard, il se fait lire des livres érotiques par la douce Miou-Miou. Le
comédien obtient, pour ce rôle, non seulement une reconnaissance publique (le
film est un très grand succès commercial), mais aussi le César du Meilleur
acteur dans un second rôle.
Parallèlement, Chesnais poursuit son travail sur
scène, obtenant notamment le Grand Prix de la Critique en 1982 pour "Le
bleu de l'eau de vie" de Jorge Semprun. Récemment, il triomphait aux côtés
de Zabou dans la pièce "Skylight", pour lequel il était une fois de
plus nominé aux Molières. On le voit aussi à la télévision, notamment depuis le
milieu des années 90 où il est un père de famille régulier dans des productions
familiales sympathiques. A noter qu'il a reçu un Sept d'Or pour son rôle dans
"Jacques le fataliste", et qu'il a été un commissaire Etchegoyen
récurrent dans la série des "Brigade mondaine".
Au cinéma, son travail de fond dans le registre du
second rôle se poursuit de plus belle, notamment dans Post coïtum, animal
triste de Brigitte Roüan, où il compose un mari trompé et blessé. Sans
doute son meilleur rôle. Après une pause, il revient avec deux films par an,
généralement des comédies sans prétention où ou des films à la veine plus
sombre, où il joue de son profil inquiétant (Te quiero). En 2000, alors
qu'il a dépassé la cinquantaine, Patrick Chesnais passe de l'autre côté de la
caméra pour un polar tordu, Charmant garçon, où il tient le premier
rôle, celui d'un flic ringard, grossier et violent... mais amoureux. Joli
succès critique et commercial. Cet été, le comédien a deux films à l'affiche.
D'abord ce Sexes très opposés où, prof de français taciturne, il se fait
draguer par sa jeune élève mineure, et puis Mille millièmes, comédie
“immobilière” signée Rémi Waterhouse. On l'attend toujours dans Le ventre de
Juliette, tourné aux côtés de Carmen Maura, Stéphane Rideau et Nathalie
Richard.
FILMOGRAPHIE
1976 Les naufragés de l'Île de la Tortue (Rozier)
Monsieur
Albert (Renard)
1978 Drôles de diam's (Menegoz)
Le
dossier 51 (Deville)
Poker
menteuses et révolver matin (Van de Putte)
1979 Premier voyage (Trintignant)
Ras
le cœur (Colas)
Ai
bout du bout du banc (P. Kassovitz)
Rien
ne va plus (Ribes)
1980 L'empreinte des géants (Enrico)
L'œil
du maître (Kurc)
Cocktail
Molotov (Kurys)
1981 La provinciale (Gion)
Neige
(Berto, Roger)
Le
règlement intérieur (Vuillermet)
1982 Les sacrifiés (Touita)
Cap
Canaille (Berto, Roger)
1984 Femmes de personne (Frank)
1985 Blanche et Marie (Renard)
1986 Duo/solo (delattre)
1987 Embrasse-moi (Rosier)
Corentin
(Marbœuf)
1988 Les années sandwiches (Boutron)
Les
cigognes n'en font qu'à leur tête (Kaminka)
La
lectrice (Deville)
1989 Le sicième doigt (Duparc)
Thank
you Satan (Farwagi)
1990 Feu sur le candidat (Delarive)
La
pagaille (Thomas)
L'Autrichienne
(Granier-deferre)
Il
y a des jours... et des lunes (Lelouch)
Triplex
(Lautner)
Promotion
canapé (Kaminka)
1991 Netchaïev est de retour (Deray)
La
belle histoire (Lelouch)
1992 Coup de jeune ! (X. Gélin)
Drôles
d'oiseaux (P. Kassovitz)
Pas
d'amour sans amour (Dress)
1993 Aux petits bonheurs (Deville)
1997 Post coïtum, animal triste (Roüan)
1998 L'homme de ma vie (Kurc)
Les
enfants du siècle (Kurys)
1999 Kennedy & moi (Karmann)
Jeu
de cons (Verner)
2000 Charmant garçon (Chesnais)
Te
quiero (Poirier)
2001 Le ventre de Juliette (Provost)
Irène
(Calbérac)
2002 Sexes très opposés (Assous)
Mille
millièmes (Waterhouse)