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Park
Chan-wook
Né le
23 août 1963 à Séoul, Park Chan-wook a la révélation durant ses années de
lycée en voyant Sueurs froides de sir Hitchcock : c'est décidé, le cinéma
sera son dada. Une première réflexion le mène d'abord à l'entrée de
l'université de Sogan, d'où il ressort diplômé en philosophie, tout en montant
pendant ses études un club de cinéphiles. En 1988, il se lance pour de bon et
démarre par des petits boulots sur les tournages. Il se lie d'amitié avec le
réalisateur Kwak Jae-yong, dont il devient l'assistant, mais continue à
arrondir ses fins de mois en faisant notamment de la traduction. Ses économies
lui permettent quatre ans plus tard de financer son premier long métrage, The
Moon Is... The Sun's Dream, une tragédie urbaine sur fond de mafia et de
prostitution, qui laisse le public de marbre. Il lui faudra cinq ans pour
tourner à nouveau, et il devient entre-temps critique de cinéma. En 1997, il
s'éloigne de l'univers de son premier film en signant avec Trio une
comédie sociale sur les tribulations de trois laissés-pour-compte, dont une
nonne qui revient sur ses vœux pour récupérer son enfant. Mais c'est un nouvel
échec, et Park Chan-wook doit patienter encore trois ans pour revenir au
cinéma, hormis un court métrage "Judgement" qu'il consacre à
l'effondrement d'un grand magasin de Séoul survenu en juin 1955. C'est une
compagnie de production, la Myung Film, qui le remet sur les rails en lui
confiant l'adaptation d'un roman qui deviendra à l'écran JSA : Joint
Security Area. Avec ce thriller politique à la frontière des deux
républiques de Corée, le réalisateur conjure enfin le mauvais sort en
enthousiasmant près de trois millions de spectateurs coréens et en obtenant une
reconnaissance internationale, notamment lors du Festival asiatique de
Deauville. Ses activités de scénariste l'amènent aussi à travailler pour
d'autres réalisateurs, notamment Lee Moon-ynug, avec lequel il fondera EGG
films, première société de production coréenne à miser sur des réalisateurs à
long terme, en leur offrant un contrat de six ans. Entre-temps, Park Chan-wook
réalise un projet qui lui tenait à cœur depuis des années, Sympathy for Mr.
Vengeance, accessoirement son premier long à connaître une sortie
française. Et le choc est assuré : l'histoire de ce jeune sourd-muet
kidnappant la fille d'un millionnaire pour offrir la greffe de rein dont sa
sœur a besoin baigne dans une atmosphère noire, étouffante ; thriller
doublé d'une critique sociale, traversé d'éclairs de violence délirants. Si le
public coréen n'accroche pas, le film parcourt avec succès les festivals. Après
avoir signé l'un des segments du film If You were Me, dédié à la lutte
contre la discrimination, on le retrouve ensuite avec Old Boy, polar
sadique dont Quentin Tarantino s'est entiché au point de le pistonner pour la
sélection officielle de Cannes. La Palme d'or lui a échappé de peu, mais il
s'en est sorti haut la main avec le Grand Prix du Jury. C’est donc très
confiant que l’on accueille aujourd’hui son Lady vengeance, sorte de
pendant féminin de Sympathy for Mr. Vengeance qu’on espère au moins aussi bien.
FILMOGRAPHIE
1992 The
Moon Is... The Sun's Dream
1997 Trio
2000 JSA :
Joint Security Area
2002
Sympathy for Mr. Vengeance (id.)
2003 If
You Were Me (segment "N.E.P.A.L.")
2004 Old
Boy (id.)
2005
Sympathy for Lady Vengeance (Lady vengeance)