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Bernard Campan
Né le 4 avril 1958 à Agen, dans le Sud-Ouest, Bernard Campan
débute dans la comédie... en plaquant son cours d'art dramatique parce qu'on
lui demandait d'apprende "Le Cid" par cœur ! Il se réfugie alors
au café-théâtre au début des années 80, où il fait la rencontre de Didier
Bourdon et de Pascal Légitimus. Tous trois passent ensuite à la télévision, où
ils sont engagés par Philippe Bouvard pour "Le petit théâtre de
Bouvard", émission culte de l'impro comique où le jeune comédien connaît
sa première gloire. Au sein de l'émission, il reste très lié à Bourdon et à
Légitimus, mais aussi deux autres jeunes comédiens, Smaïn et Seymour Brussel.
Tous les cinq, ils tourneront leur premier grand film dans la foulée du succès
du "Petit théâtre de Bouvard", Le téléphone sonne toujours deux fois,
une parodie de film policier un peu foutraque. Smaïn quitte alors le groupe
pour tenter une carrière solo, et les quatre z'amis restant montent leur propre
troupe, baptisée Les Quatre Quarts, tournant à travers la France jusqu'au jour
où ils rencontrent le producteur Paul Lederman, qui les prend en main pour les
relancer. Les débuts des nouvellement nommés Les Inconnus (moins Seymour
Brussel, qui quitte le groupe à son tour) sont difficiles, mais très rapidement,
à partir de 1989, le trio comique fait des ravages dans la France entière, avec
des sketches ultra-culte comme "Les pétasses" ou
"Télémagouille". Ce sont les grandes années des Inconnus (qui raflent
toutes les récompenses, ou presque, aux Molière 1991), qui remettent ça à la
télévision avec "La télé des Inconnus". Emission qui, de 1990 à 1992,
fera délirer jusqu'aux plus ronchons des téléspectateurs avec les parodies des
émissions phare de la télé française. Entre-temps, chacun sent qu'une carrière
au sein d'un groupe ne peut s'éterniser. Cependant, les rôles ne pleuvent pas
pour Bernard Campan, qui attendra 1995 et le passage du trio au grand écran
pour retrouver un rôle à sa mesure. Ce sera dans Les trois frères, leur premier
film (réalisé en duo par Bourdon et Campan), qui fera un carton gigantesque
dans l'Hexagone. L'histoire de trois hommes nés de père inconnus et qui se
découvrent demis-frères, bientôt lancés dans de rocambolesques aventures à
travers la France. Hélas, pour de sombres problèmes contractuels avec leur
ex-manager Paul Lederman, qui détient les droits du nom Les Inconnus et leur
interdit par contrat de se produire ensemble, le trio éclate. Bernard Campan
reste alors avec Didier Bourdon pour écrire, réaliser et jouer dans Le pari, où
nos deux amis décident d'arrêter de fumer (ce qui ne va pas sans difficultés),
puis dans L'extra terrestre, épopée auvergnate d'un alien tombé sur la Terre un
peu par hasard et qui aimerait bien rentrer chez lui... Moindre succès pour ces
deux films, surtout le dernier, alors que par ailleurs, la carrière solo de
Bernard Campan commence à exister. Il hérite enfin d'un joli second rôle, un
professeur de chinois un peu coincé dans Augustin, roi du kung-fu, pépite de
tendresse éberluée signée Anne Fontaine. Il apparaît ensuite très brièvement en
chauffeur de taxi dans la comédie Doggy bag, puis tout aussi rapidement en
grosse mama antillaise (clin d'œil à un sketch de "La télé des
Inconnus") dans Antilles sur Seine, le premier film de Pascal Légitimus.
2001 sera l'année des réglements de comptes. Ayant enfin
résolu le différend qui les opposait avec Lederman, le trio se reforme, édite
en vidéo et DVD les meilleurs moments de "La télé des Inconnus" et se
retrouve sur grand écran pour Les Rois
mages, à nouveau écrit et réalisé par la paire Bourdon/Campan. La magie comique
n'opère pas vraiment mais l'échec du film est largement compensé par sa
performance dans Se souvenir des belles choses, où face à Isabelle Carré,
atteinte de la maladie d'Alzheimer, Bernard Campan s'épanouit dans la gravité
et brise enfin le moule des "Inconnus". Le film est un joli succès
public et critique, trois fois récompensé aux César, et lui vaut sa première
nomination comme Meilleur Acteur. Les rôles en demi-teinte sont enfin à sa
portée, et c'est ainsi qu'on le retrouve à l'affiche du Cœur des hommes,
chronique chorale de Marc Esposito plébiscitée par le public, puis de Poids
léger, où il entraîne son poulain Nicolas Duvauchelle à devenir un as du ring,
sans oublier une petite apparition fantaisie dans le déconnant Clefs de
bagnole. Sa rencontre avec Bertrand Blier sur Combien tu m'aimes ? témoigne une
fois encore de ses ressources de caméléon, et, fidèle à celle qui l'a révélée,
le comédien retrouve Zabou Breitman pour son second film, L'homme de sa vie.
FILMOGRAPHIE
1984 Le téléphone sonne toujours deux fois (Vergne)
1995 Les trois frères (Bourdon, Campan)
1997 Le pari (Bourdon, Campan)
1998 Augustin, roi du kung-fu (Fontaine)
Doggy bag
(Comtet)
1999 L'extra terrestre (Bourdon, Campan)
2000 Antilles sur Seine (Légitimus)
Jojo la
frite (Cuche)
2001 Les Rois mages (Bourdon, Campan)
2002 Se souvenir des belles choses (Breitman)
2003 Le coeur des hommes (Esposito)
Les clefs
de bagnole (Baffie)
2004 Poids léger (Améris)
2005 Combien tu m'aimes ? (Blier)
2006 L'homme de sa vie (Breitman)