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Michel Boujenah
Né le 2 novembre 1952 à Tunis, Michel Boujenah y
passera toute son enfance avant de débarquer en France à l'âge de 11 ans. Sa
famille s'installe alors en banlieue parisienne (à La-Croix-Arcueil) tandis que
Michel va au collège à Cachan. Adolescent, alors qu'il ne sait pas trop de quoi
son avenir sera fait, il voyage en Italie et repasse par la Tunisie. Alors que
l'art dramatique l'intéresse, il voit toutes les portes des écoles se refermer
à cause de son accent. Il décide alors de fonder sa propre compagnie théâtrale,
la Compagnie de la Grande Cuillère. Dans le même temps, il fait des stages au
théâtre de l'Espérance, en tant que machiniste, régisseur et mise en scène. Au
théâtre, sa première mise en scène ("la chasse", d'Elie Pressman)
obtiendra un joli succès, ce qui ne sera pas le cas de son second spectacle. Il
commence alors à écrire des sketches et à les interpréter sur les planches,
puis fait ses début au cinéma dans la comédie Mais qu'est-ce que j'ai fait
au Bon Dieu pour avoir une femme qui boit dans les cafés avec les hommes ?,
avec Robert Castel et Michel Creton. Après quelques autres comédies (Fais
gaffe à la gaffe, Tranches de vie...), il accède au succès avec Trois
hommes et un couffin de Coline Serreau, déboires de trois célibataires
(Roland Giraud, André Dussollier et Michel Boujenah) devant plonger d'un coup
dans les affres de la paternité, immense carton en salle et pluie de César dont
celui du Meilleur second rôle pour Boujenah. Les rôles commencent à s'enchaîner,
mais Boujenah n'en oublie pas pour autant la scène, à laquelle il reviendra
tout au long de sa carrière. Il y cultive lors de one-man shows délirants des
personnages simples mais tiraillés entre un franc désir de déconner et une
certaine gravité. Maniant ainsi le chaud et froid, ses spectacles s'appelleront
entre autres, "Les magnifiques", "Albert", "L'ange
gardien", "Le petit génie" , ou "Mon monde à moi". En
1986, on le voit dans Lévy et Goliath, de Claude Zidi avec Richard
Anconina, comédie qui utilise à fond les origines juives pieds-noirs de
l'acteur comme se sera souvent le cas. Alors que suivent d'autres comédies (La
totale ! par exemple, fantaisie d'espionnage encore avec Zidi)
l'acteur aura bientôt à cœur de jouer dans des œuvres plus dramatiques. Ainsi
va Le nombril du monde en 1993, qui suit le destin d'un petit Tunisien
ambitieux dans les années troubles menant à l'indépendance du pays, ou, dans un
autre registre, sa participation aux Misérables multi-époques de Claude
Lelouch. Il revient épisodiquement à la comédie, avec entre autres Ma femme
me quitte de Didier Kaminka avec Miou-Miou et Thierry Lhermitte, Une
Femme très très amoureuse ou encore XXL d'Ariel Zeitoun, rencontre
entre un commerçant du Sentier (Boujenah) et un patron de brasserie auvergnat
(Gérard Depardieu). Auprès de Jacques Weber qui joue et dirige Don Juan,
Michel Boujenah devient Sganarelle dans l'Espagne sanglante du XVIIe siècle,
aux côtés d'Emmanuelle Béart et Penélope Cruz, fait quelques apparitions dans
des téléfilms, apparaît en flic têtu dans La grande vie ! fable
naïve du Marseillais Philippe Dajoux, repasse par la scène avant de replonger
dans l'aventure de la suite de trois hommes..., avec 18 ans après, où
comme son titre l'indique, les trois compères vont à présent découvrir les
joies de l'adolescence... Courage !
FILMOGRAPHIE
1980 Mais qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour
avoir une femme qui boit dans les cafés avec les hommes ? (Saint-Hamon)
1981 Fais gaffe à la gaffe (P. Boujenah)
1983 Le préféré (Grynbaum)
1984 Tranches de vie (Leterrier)
1985 Trois hommes et un couffin (Serreau)
Le
voyage à Paimpol (Berry)
La
dernière image (Lakhdar-Hamina)
1986 Prunelle blues (Otmezguine)
Lévy
et Goliath (Oury)
1988 Moitié-moitié (P. Boujenah)
Les
surprises de l'amour (Chomienne)
1991 La totale ! (Zidi)
1992 Le nombril du monde (zeitoun)
194 Les misérables (Lelouch)
1995 Un été à la Goulette (Boughedir)
Ma
femme me quitte (Kaminka)
1996 Une femme très très très amoureuse (Zeitoun)
1997 XXL (zeitoun)
1998 Don Juan (Weber)
2001 La grande vie ! (Dajoux)
2002 18 ans après (Serreau)