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Edouard Baer
Originaire du VIIe arrondissement de Paris (les beaux quartiers, en
d'autres termes), où il est férocement bien né (le 1er décembre 1966) d'un père
grand résistant et accessoirement à l'origine de la construction du Forum des
Halles, Edouard Baer voit son enfance baigner dans un environnement très
“people”, sa famille fréquentant entre autres Jean d'Ormesson et Louis Malle. A
18 ans, Edouard s'inscrit au cours Florent, devient un temps assistant de la
comédienne/metteur en scène Isabelle Nanty, et écrit, “pour vivre”, des
articles sur la vie nocturne parisienne dans les magazines "Globe" et
"Femme". Car Edouard Baer est un mondain, un fêtard, un membre
illustre de la jet-set parisienne, et il n'en retire aucune honte, bien au
contraire ! Faisant la rencontre d'un certain Ariel Wizman en 1987, lors
d'une soirée tzigane (ils se reconnaissent au premier coup d'œil : ce sont
les seuls à danser accroupis à la russe !), ils se découvrent rapidement
des intérêts communs pour la déconnade et les fêtes nocturnes. Ensemble, ils
commencent à animer, en 1992, l'émission "La grosse boule", diffusée
sur Radio Nova, et se créent rapidement une réputation de provocateurs
impertinents et audacieux. Le principe est simple : de retour de boîte (tranche
7– 9 h), ils improvisent... La télé leur met vite le grappin dessus,
et, après un tour sur Canal Jimmy, Canal+ les invite, en 1994, à intervenir
dans "C'est pas le 20 h". A l'automne, Edouard et Ariel ont leur
propre émission sur la chaîne cryptée, "A la rencontre de divers aspects
du monde contemporain", encore des divagations de doux dingues, et la
possibilité pour Baer de rempiler avec son personnage lunaire, hâbleur,
mondain, charmeur et gaffeur. Suit une brouille passagère entre les deux
compères et une carrière solo s'amorce pour chacun. Baer reste néanmoins sur
Canal+ pour son célèbre "Comité de visionnage", fourre-tout halluciné
de trois minutes à la fin de "Nulle part ailleurs". Entre-temps, il a
entamé une carrière de comédien en pointillés, qui démarre dans La folie douce,
de son pote Frédéric Jardin, et trouve son point d'orgue avec un rôle d'amant
honteusement dragué puis éconduit par Sandrine Kiberlain dans Rien sur Robert.
Présentateur, en 2000, de la cérémonie des César (rappelez-vous quand il
courait après Sigourney Weaver, sur le plateau, en criant “Sigou !”),
Edouard Baer est passé à la réalisation en 1999, avec La Bostella, dont il
tenait également le rôle principal. Depuis, on a revu Edouard en sniffeur de
coke ayant un mal fou à décrocher dans le caustique Les frères Sœur, puis en
petit ami juif et pas très religieux d'Audrey Tautou dans Dieu est grand, je
suis toute petite. Mais son premier grand rôle populaire, Edouard le glane au
gré d'Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, où il incarne Otis, le scribe
à la tchatche démente et à la perruque non moins excessive. Un nouveau pas vers
la gloire, qu'il réitère dans Cravate club, pour lequel il retrouve son
partenaire de scène Charles Berling, avec lequel il a joué la pièce homonyme
pendant plusieurs mois. Un duo d'amis qui vire au duel, dans la touffeur
moquettée d'un cabinet d'architectes...
Voisin nihiliste et misanthrope, obligé malgré lui d'aider sa concierge
à élever ses enfants dans Le Bison (et sa voisine Dorine), où il tient à
nouveau le haut de l'affiche face à sa vieille complice Isabelle Nanty, Edouard
Baer interprète ensuite (comme la moitié des comédiens français) un acteur
refusant de jouer avec Laurent Baffie dans Les clés de la bagnole. Face au duo
Eric et Ramzy, il incarne ensuite Le Mâle, vil et viril terroriste à la touche
70’s et à la coupe mulet, dans Double zéro avant d’apparaître en biographe
refusant de parler de sa propre vie dans Mensonges et trahisons et plus si
affinité de Laurent Tirard et dans A boire de Marion Vernoux. Edouard Baer s’en
est également retourné à la réalisation avec la comédie Akoibon histoire
rocambolesque où un hôtel sur une petite île devient le théâtre d'événements
irracontables. Sachez juste qu'on y croise Jean Rochefort en ex-gloire de la
jet-set, Jeanne Moreau en truande, Benoît Poelvoorde en gendre idiot... Rien
que pour ça… Petit rôle dans Combien tu m’aimes ? de Bertrand Blier, un
film à la gloire des courbes de Monica Bellucci, il est le célèbre inspecteur
Pujol dans Les brigades du tigre, personnage vif et rusé, qui manie la canne de
combat à la perfection aux côtés de Clovis Cornillac et d’Olivier Gourmet. Dans
le film de Pascal Bonitzer, Je pense à vous, il incarne un éditeur célèbre
partagé entre deux brunes évanescentes, Diane et Anne. En attendant de le voir
dans Molière ou le comédien malgré lui sous les traits de Dorante, un noble
désargenté et arnaqueur.
FILMOGRAPHIE EN TANT QU'ACTEUR
1993 La folie douce (F. Jardin)
1995 Fast (Desarthe)
1996 L'appartement (Mimouni)
Caméléone (Cohen)
1997 Rien sur Robert (Bonitzer)
Héroïnes (Krawczyk)
Terror Firmer
(Kaufman)
1998 Les frères Sœur (F. Jardin)
1999 La Bostella (Baer)
2000 La chambre des magiciennes (Miller)
Dieu est grand, je
suis toute petite (Bailly)
2001 Betty Fisher et autres histoires (Miller)
Astérix et
Obélix : Mission Cléopâtre (Chabat)
2002 Cravate club (F. Jardin)
2003 Le Bison (et sa voisine Dorine) (Nanty)
Les clefs de la
bagnole (Baffie)
2004 Double zéro (Pirès)
Mensonges et
trahisons et plus si affinité (Tirard)
A boire (Vernoux)
2005 Akoibon (Baer)
Combien tu
m’aimes ? (Blier)
2006 Les brigades du Tigre (Cornuau)
Je pense à vous
(Bonitzer)
FILMOGRAPHIE EN TANT QUE RÉALISATEUR
1999 La Bostella
2005 Akoibon