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Sabine Azéma
Née le 20 septembre 1949 à Paris, Sabine Azéma
contracte très tôt le virus de la comédie et des planches, puisqu'elle suit le
cour Florent en parallèle à son cursus de lycéenne. Son bac en poche, la voilà
qui file en Angleterre, où elle parachève son apprentissage de la langue et
rencontre Michel Lengliney, auteur de théâtre, dont elle deviendra l'épouse. De
retour en France, elle continue de faire ses classes au Conservatoire et se
fait en 1974 remarquer par Jean Anouilh qui l'engage pour un rôle dans "La
valse des toréadors", aux côtés de... Louis de Funès ! Tout en
poursuivant son expérience théâtrale (Anouilh encore, Françoise Dorin, deux
pièces de son mari), Sabine Azéma fait son entrée dans le cinéma en 1976 grâce
à George Lautner qui la fait participer à sa satire du cinéma porno dans On
aura tout vu et à Claude Vital pour Le chasseur de chez Maxim's,
alias Michel Galabru. Une pochade plus tard (On n'est pas des anges, elles
non plus), la comédienne fait une rencontre déterminante, celle du cinéaste
Alain Resnais, qui marque encore aujourd'hui son image contrastée :
immergée dans la tragédie ou papillonnante d'énergie comique. La vie
est un roman, qui marque le début d'une collaboration exceptionnelle, tient
plutôt de l'ovni, fantasmagorique et débridé, où la comédienne incarne une
institutrice. Le film suivant, L'amour à mort, est d'une tonalité
beaucoup plus sombre, puisqu'elle pose la question de la perte de l'être aimé,
Sabine Azéma y incarnant une biologiste dont l'époux meurt brutalement avant de
ressusciter miraculeusement et temporairement. La même année, elle connaît son
premier grand succès personnel en passant Un dimanche à la campagne en
compagnie de Bertrand Tavernier : son dynamisme effréné colle parfaitement
au personnage d'Irène, la fille d'un vieux peintre à l'aube de sa vie, et lui
vaut, outre un joli succès public, le César de la Meilleure actrice en 1985.
Exploit renouvelé deux ans plus tard grâce à son rôle de femme adultère rongée
par le remords dans Mélo, sublime adaptation d'une pièce de boulevard
signée Henry Bernstein, qui met une nouvelle fois en lumière le talent de
l'imprévisible Alain Resnais. A côté de cette consécration liée au cinéma dit
d'auteur, la comédienne s'évade le temps d'un polar à la dioxine (Zone rouge),
d'un thriller à la sauce Mocky (Noir comme le souvenir), d'une comédie
inspirée de l'affaire du Rainbow Warrior (Vanille fraise) ou encore
d'une chronique autobiographique (Cinq jours en juin). Le public n'est
pas vraiment convaincu et la préfère en veuve de guerre militant pour La vie
et rien d'autre, pour la seconde fois sous la houlette de Tavernier, ou
bien démultipliée par quatre dans les jeux de l'amour et du hasard de Smoking,
No smoking, encore un exercice de style ludique et formellement éblouissant
signé Resnais, ou bien encore en épouse insupportable de Michel Serrault,
convaincu que Le bonheur est dans le pré par Etienne Chatiliez. A la
clé, trois nouvelles nominations au César de la Meilleure actrice, auxquelles
viendra s'ajouter celle pour l'irrésisitible "Résiste" qu'elle pousse
dans On connaît la chanson, son quatrième film avec Resnais et le plus
gros succès public de son auteur. Hormis Le Schpountz, Sabine Azéma
enchaîne ensuite avec des seconds rôles : nymphomane pour Blier (Mon
homme), chanteuse russe pour Danielle Thompson (La bûche) et
infirmière maternelle chez Dupeyron (La chambre des officiers). Avec Tanguy,
la voilà qui reprend le haut de l'affiche et se livre à un numéro
d'anthologie en mère révulsée par la cohabitation avec son fils
quasi-trentenaire. Un troisième César à la clé ? On y croit...
FILMOGRAPHIE
1976 On aura tout vu (Lautner)
Le
chasseur de chez Maxim's (Vital)
1977 La dentellière (Goretta)
1981 On n'est pas des anges, elles non plus (Lang)
1983 La vie est un roman (Resnais)
1984 Un dimanche à la campagne (Tavernier)
L'amour
à mort (Resnais)
1986 Zone rouge (Enrico)
La
puritaine (Doillon)
Mélo
(Resnais)
1989 Cinq jours en juin (Legrand)
La
vie et rien d'autre (Tavernier)
Vanille
fraise (Oury)
1990 Trois années (Cazeneuve)
1991 Rossini, Rossini (Monicelli)
1993 Smoking/No smoking (Resnais)1994 Les cent et
une nuits (Varda)
Noir
comme le souvenir (Mocky)
1995 Le bonheur est dans le pré (Chatiliez)
Mon
homme (Blier)
1997 On connaît la chanson (Resnais)
1998 Le Schpountz (Oury)
1999 La bûche (Thomson)
2000 La chambre des officiers (Dupeyron)
2001 Tanguy (Chatiliez)