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Merzak Allouache
Né en 1944 à Alger, Merzak Allouache effectue ses
études de cinéma à l'Institut National de Cinéma d'Alger, puis à l'Idhec, à
Paris. c'est là qu'il réalise ses premiers courts métrages, vers la fin des
années 60 : Pensée intime et Le voleur. Au début des années
70, il se tourne progressivement vers le documentaire avec "Les
plages", "Nous et la révolution agraire" et "Tipaza
l'ancienne". Premier long métrage en 1976 avec Omar Gatlato,
portrait d'un anti-héros algérien, dragueur et un peu paresseux, lequel tombe
amoureux d'une voix entendue sur une cassette. Un portrait savoureux d'une
jeunesse algérienne idéaliste et désœuvrée, pour un film bourré d'humour. Avec Les
aventures d'un héros, Allouache tourne un road-movie en mobylette, au gré
des aventures semi-réelles semi-imaginaires de son personnage principal, Mehdi.
En 1982, le réalisateur change de ton avec le plus sombre L'homme qui
regardait les fenêtres, histoire d'un vieux bibliothécaire qui a
l'impression que le destin s'acharne sur lui... Cinq ans plus tard, Allouache
réalise, en France, Un amour à Paris, une histoire d'amour tragique
entre une juive algérienne et un Algérien ex-taulard poursuivi par des
trafiquants de drogue.
De ses premiers films, légers, évoquant avec justesse
le désarroi d'un pays qui n'arrive pas encore à retrouver son identité après
tant d'années d'occupation française, Merzak Allouache fait désormais des
bilans plus sombres sur les trentenaires et quarantenaires qu'il décrit. Au
début des années 90, il revient au documentaire, puis à la fiction en 1994 avec
Bab El-Oued city, qui renoue d'une certaine manière avec les portraits de
personnages hauts en couleur qu'il affectionne, mais des portraits cette fois
traversés par les démons de l'islamisme extrémiste. Un film tourné à Alger même
malgré les pressions exercées sur le réalisateur, lequel revient en France deux
ans plus tard pour Salut cousin !. Le film qui révèle Gad Elmaleh
dans le rôle d'un jeune immigré débarqué en France, un temps fasciné par la liberté,
puis qui prend peu à peu conscience que la vie des étrangers à Paris est aussi
faite de chômage, de magouilles et de racisme. Plus grave sera Alger-Beyrouth
pour mémoire, (uniquement diffusé à la télévision), l'histoire d'amour, à
Beyrouth, entre une Française d'origine libanaise et un Algérien. Quête des
identités, retour aux racines encore et toujours avec L'autre monde,
dans lequel Yasmine, Française d'origine algérienne, se rend en Algérie pour
retrouver la trace de son fiancé, disparu après s'être engagé dans l'armée.
Avec ce film, Allouache prend encore le risque de dénoncer (et davantage sous
l'angle du drame) les exactions des islamistes radicaux en Algérie.
Avec Chouchou, Merzak Allouache retrouve Gad
Elmaleh et bénéficie pour la première fois d'un budget confortable, et tourne
une histoire plus légère, plus fantaisiste, qui, d'une certaine manière renvoie
au film de ses débuts, Omar Gatlato, même si le destin de Chouchou,
immigré marocain travesti à ses heures, est moins porteur de questionnement
politiques sous-jacents. Quoique...
FILMOGRAPHIE
1976 Omar Gatlato (id.)
1978 Mughamarat batal (Les aventures d'un héros)
1986 Al radjoul oun na fitta (L'homme qui regardait
les fenêtres)
1988 Un amour à Paris
1994 Bab el-Oued City
1996 Salut cousin !
1998 Alger-Beyrouth, pour mémoire
2001 L'autre monde
2003 Chouchou