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Isabelle Carré
Isabelle Carré, née à Paris le 28 mai 1971, fille d'un designer et d'une secrétaire, suit les cours de comédie du Centre Américain, et prolonge ses études de théâtre au Cours Florent et à l'Ensatt jusqu'en 1990. Elle débute au cinéma en 1988, sous l'égide de Coline Serreau, dans un petit rôle d'adolescente (la fille de Daniel Auteuil) à l'affiche de Romuald et Juliette. Elle rentre par la suite au Conservatoire, dont elle ressort avec un profil plutôt formé vers le classique. Et en effet, mademoiselle Carré, tout en blondeur mutine et sensible, sera particulièrement excellente dans des pièces de Musset telles que "Il ne faut jurer de rien" ou "On ne badine pas avec l'amour", toutes deux mises en scène par Jean-Pierre Vincent. On la retrouve également dans "L'école des femmes", dans une mise en scène de Jean-Luc Boutté, dans "Le mal court", d'Audiberti, sous la direction de Pierre Franck, mais aussi dans "Dostoïevski va à la plage", de Marco Antonio de la Parra et "Le père humilié", de Paul Claudel. Jorge Lavelli la prend aussi dans sa troupe pour ses deux dernières mises en scène, "Arloc" et "Slaves".
Au cinéma, Isabelle Carré tient pour la première fois le haut de l'affiche de Beau fixe, deuxième film de Christian Vincent, où elle incarnait une des quatre jeunes filles en fleur parties en week-end studieux dans une maison de campagne. Jeune préceptrice dans Le hussard sur le toit, elle redonnera dans le film à costumes pour son apparition dans Beaumarchais l'insolent et, plus tard, dans Les enfants du siècle en Aimée d'Alton. Entre-temps, La femme défendue de Philippe Harel lui offrira le rare privilège d'être quasiment la seule actrice du film, avec un temps record de présence à l'écran. La suite est imprévisible, entre une incarnation hystérique d'une vierge Marie brune dans Superlove, et d'une jeune femme aussi charmante que dangereuse quand elle a un peu trop fumé la moquette dans La mort du Chinois : le message est clair, Isabelle Carré veut casser son image un peu lisse de jeune fille blonde et sage. Ex-femme de Christopher Thompson (un tout petit rôle) dans La bûche, élève d'un cours de théâtre dans L'envol, incarnation fantasmagorique de la Statue de la Liberté (!) dans la saga familiale Bella Ciao, mère toxicomane dans Mercredi, folle journée ! de Pascal Thomas, on retrouve la blonde actrice en amnésique amoureuse dans Se souvenir des belles choses. En dépit d'un sujet douloureux, le film connaît un très beau succès et vaut à Isabelle Carré son premier César, celui de la meilleure actrice.
Après avoir rendu Audrey Tautou folle de jalousie dans A la folie… pas du tout, Isabelle Carré égratigne passablement le mariage de Nathalie Baye et Jean-Pierre Bacri dans le drame musical, Les sentiments (avec à la clé une seconde nomination au César de la Meilleure actrice) et joue les jeunes filles de bonne famille bisexuelle dans Eros thérapie de Danièle Dubroux, avant d’être la future mère – déchirée entre espoir et découragement – en quête d’un bébé dans les orphelinats du Cambodge, de Holy Lola, sa première prestation sous la direction de Bertrand Tavernier.
L'année 2005 montre que l'actrice est plus que jamais capable de traverser les genres et les univers les plus variés : on l'a vue maman poule embarquée dans L'avion, conte teinté de fantastique signé Cédric Kahn, puis épouse modèle titillée par l'énigmatique Benoît Poelvoorde dans le thriller amoureux Entre ses mains, et dans la nouvelle comédie de Christian Vincent, Quatre étoiles, où elle donne la réplique à José Garcia. Cette fois-ci, on la retrouve sous la caméra d’Alain Resnais pour Cœurs, aux côtés de Sabine Azéma et André Dussollier. Elle interprète Gaëlle, une femme désarçonnée par la solitude affective. Elle reviendra avec Anna M. de Michel Spinosa, où elle jouera rien moins qu’une... érotomane. Le charme agit toujours...
FILMOGRAPHIE
1988 Romuald et Juliette (Serreau)
1990 La reine blanche (Hubert)
1992 Beau fixe (Vincent)
1994 Le hussard sur le toit (Rappeneau)
1995 Beaumarchais l'insolent (Molinaro)
Les sœurs Soleil (Szwarc)
1997 La femme défendue (Harel)
La mort du Chinois (Benoît)
1998 Superlove (Janer)
Les enfants du marais (Becker)
Les enfants du siècle (Kurys)
1999 La bûche (Thompson)
2000 L'envol (Suissa)
Ça ira mieux demain (Labrune)
Bella Ciao (Giusti)
2001 Se souvenir des belles choses (Breitman)
Mercredi, folle journée ! (Thomas)
2002 A la folie… pas du tout (Colombani)
2003 Les sentiments (Lvovsky)
Eros thérapie (Dubroux)
Holy Lola (Tavernier)
2004 Entre ses mains (Fontaine)
L'avion (Kahn)
2005 Quatre étoiles (Vincent)
2006 Cœurs (Resnais)
Anna M. (Spinosa)