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Jeux Olympiques de 1896 à 2004

-Olympiades-

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Athènes 2004

 

 


Athènes
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1996

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2000

 

Athènes 2004

Des Jeux qui marquent un tournant


Incroyable Monsieur Phelps
Les Jeux Olympiques d¿Athènes, les premiers du millénaire, ont donné une nouvelle impulsion au sport mondial.


Des stars ont flanché (Jones, Popov, Radcliffe, Tergat), d’autres ont confirmé (Thorpe, VDH, El Guerrouj) et certaines, telles Henry, Campbell et Wariner, se sont révélées aux yeux du monde. Toutes ont en tous cas contribué à faire de cette XXVIIIe Olympiade un superbe rendez-vous.


Grégory JOUIN
Publié le30/08 à 10:46


Deux stars au firmament


Qui peut prétendre au titre de star incontestée des Jeux ? De Justin Gatlin (trois médailles, l’or sur 100m, l’argent sur le 4x100 et le bronze sur 200) ou Veronica Campbell (or sur 200m et relais 4x100, bronze sur 100m) en athlétisme à la Judokate Ryoko Tani (double championne olympique en plus de ses 6 titres mondiaux) en passant par le pistard Jonathan Bayley, lauréat du sprint et du keirin, de nombreux champions pourraient postuler au titre de star des Jeux.

Il en est pourtant deux qui se détachent nettement lorsqu’on se remémore la fabuleuse quinzaine écoulée. Michael Phelps et Hicham El Guerrouj peuvent prétendre à la consécration suprême après avoir dominé chacun leur sport durant une semaine. Le nageur australien a réussi une vraie razzia en raflant huit médailles (6 en or, 2 en bronze) dans le bassin athénien alors que l’athlète marocain a réalisé un bel exploit en s’emparant des titres du 1500m et du 5000m 80 ans après Pavo Nurmi.

Ces deux phénomènes ont parfaitement répondu aux attentes, contrairement à d’autres grands sportifs pour qui Athènes a semblé marquer le déclin : Marion Jones (5e de la longueur et éliminée en relais), Allen Johnson (qui a chuté sur 110m haies), Jan Ullrich (qui a perdu son titre), Paula Radcliffe (qui a craqué sur 10 000 et sur le marathon) ou encore Alexandre Popov, tsar déchu, incapable de se hisser en finale sur 50 et 100m nage libre. Svetlana Khorkina, Christine Arron, Kosei Inoue ou la « Frime Team » américaine (battue à trois reprises) sont également à ranger dans cette catégorie.

Heureusement, à côté de ces échecs retentissants, d’énormes satisfactions sont venues éclairer ces deux semaines intenses. Les révélations se nomment Jeremy Wariner, le MJ blanc sur 400m, Jodie Henry, bourreau d’Inge de Bruijn, Ryan Bayley (intraitable sur la piste du vélodrome), Liu Xiang (symbole d’une Chine qui s’éveille au sport à 4 ans des JO de Pékin) ou les Françaises Emilie Le Pennec (magnifique surprise aux barres asymétriques) et Laure Manaudou (symbole d’une natation tricolore qui n’avait jamais été à pareille fête) méritent bien les louanges dressés par les médias du monde entier. En 2008, ils n’en seront que plus attendus. Ce n’est certainement pas pour leur déplaire…


Les stars des Jeux


Michael Phelps (natation). Huit médailles dont six d'or: le record (7 or en 1972 à Munich) de son compatriote Mark Spitz a tremblé. Phelps est déjà à 19 ans l'un des meilleurs nageurs de tous les temps. A Athènes, il a éclipsé les performances pourtant réelles des sprinteurs Pieter van den Hoogenband et Ian Thorpe.

Hicham El Guerrouj (athlétisme). Le Marocain a su vaincre la malédiction qui le poursuivait aux Jeux. Maître du monde sur 1500m depuis dix ans, il est enfin champion olympique après ses échecs à Atlanta et Sydney. Mieux encore, El Guerrouj s'est offert un fabuleux doublé en remportant le 5000m au nez et à la barbe de Bekele, titré lui sur 10.000m. Il rejoint dans la légende Paavo Nurmi auteur du doublé en 1924.

Veronica Campbell (athlétisme). Double médaille d'or (200m et relais 4x100m) et médaillée de bronze (100m), la Jamaïcaine est devenue à Athènes la "Golden Girl" des Caraïbes, étant à 22 ans la concurrente la plus honorée de l'athlétisme à Athènes.

Justin Gatlin (athlétisme). Le nouveau dieu du sprint en remportant le titre du 100 m devant le Portugais Francis Obikwelu et le tenant du titre américain Maurice Greene au terme de la finale la plus dense de l'histoire des Jeux: les cinq premiers ont terminé sous les 10 secondes. Gatlin a aussi remporté l'argent au relais 4x100m et le bronze sur 200m.

La Suède (athlétisme). Avec Carolina Kluft à l'heptathlon, Christian Olsson au triple saut et Stefan Holm à la hauteur, la Suède a récolté trois fois l'or en 24 heures et possède l'un des meilleurs ratios titres/athlètes, si on considère que la délégation scandinave est venue avec 12 athlètes.

Jonathan Bayley (cyclisme sur piste). Vainqueur du sprint et du keirin, il est le nouveau roi de la piste au sein d'une équipe d'Australie dominatrice.

Paolo Bettini (cyclisme sur route). Le plus redoutable chasseur de classiques de ces dernières années a répondu présent dans la fournaise d'Athènes.

Justine Henin-Hardenne (tennis). Après trois mois d'absence des courts pour maladie, la Belge, N.1 mondiale, est restée la patronne en remportant le tournoi olympique. Sa demi-finale, presque trois heures de suspense face à la Russe Anastasia Myskina, est l'un des moments forts des Jeux.

Carly Patterson (gymnastique artistique). Tenace et talentueuse, l'Américaine âgée de 16 ans a fait l'unanimité lors de sa victoire olympique dans le concours général individuel.

Emmanuel Ginobili (basket-ball). Elu meilleur joueur du tournoi de basket-ball (MVP), l'arrière des San Antonio Spurs a conduit l'Argentine à son premier titre olympique.

Ryoko Tani (judo). Championne olympique en titre, la Japonaise, sextuple championne du monde, a ajouté une ligne de plus au plus grand palmarès féminin du judo.


Les déceptions


Marion Jones (athlétisme). Aucune médaille pour la grande dame des Jeux de Sydney. En cause, un concours raté à la longueur, un passage de relais manqué au 4x100m. Cette débâcle athénienne est à l'image de sa saison de retour à la compétition -après sa maternité- marquée rapidement par ses démêlés avec les autorités antidopage.

Christine Arron (athlétisme). En l'absence de Jones, non-qualifiée lors des sélections américaines, la Française était la favorite d'un 100 m qu'elle a quitté dès les demi-finales.

Maurice Greene (athlétisme). Battu par son jeune compatriote Justin Gatlin sur 100m, l'Américain, couronné roi du sprint à Sydney il y a quatre ans, est rentré dans le rang avec une médaille de bronze (100m) et une d'argent (relais 4x100).

Paula Radcliffe (athlétisme). La Britannique a abandonné le marathon au 36e kilomètre, épuisée et en larmes. Elle était pourtant la grande favorite de l'épreuve. Sur 10.000 m, elle n'a pas non plus terminé.

Allen Johnson (athlétisme). Un plongeon sous une haie qui a fait le tour des télévisions du monde entier et surtout une élimination en demi-finale pour l'Américain favori du 110m haies.

Alexander Popov (natation). Monté sur presque tous les podiums mondiaux et olympiques depuis 1992, le vétéran russe a complètement raté sa sortie lors des Jeux d'Athènes, n'atteignant ni la finale du 100 m ni celle du 50 m, distances sur lesquelles il avait été "Tsar" à Barcelone et Atlanta.

Franziska van Almsick (natation). Jamais titrée au niveau olympique, la reine du 200 m nage libre était venue à Athènes convaincue que l'or lui reviendrait enfin. Elle a échoué au pied du podium.

Les sprinteurs français (cyclisme sur piste). La vitesse française, longtemps irrésistible, a été dépassée par la jeune génération, venue d'Australie et des Pays-Bas. Orphelins de Florian Rousseau parti à la retraite, Laurent Gané et Arnaud Tournant étaient loin de leur niveau de Sydney.

Jan Ullrich (cyclisme sur route). L'Allemand, double médaillé à Sydney, a perdu son titre sur route et n'a jamais joué de rôle dans le contre-la-montre.

Svetlana Khorkina (gymnastique artistique). La Russe a été privée du seul titre qui manquait encore à son luxuriant palmarès en échouant derrière l'Américaine Carly Patterson au concours général individuel. Un concours qu'elle aurait dû gagner voici quatre ans à Sydney sans une erreur des organisateurs concernant la hauteur du cheval.

La Chine (gymnastique artistique). A quatre ans des Jeux de Pékin, la gymnastique artistique chinoise s'est effondrée à Athènes. Elle n'a obtenu qu'une fois l'or alors qu'elle restait sur cinq titres aux Mondiaux-2003.

Les Etats-Unis (basket-ball). La "Dream Team" (?) a vécu un cauchemar. Sortie sans gloire par l'Argentine en demi-finales après un parcours plus que chaotique en séries (deux défaites contre Porto Rico et la Lituanie), elle se contente du bronze.

Kosei Inoue (judo). Venu pour rejoindre David Douillet, deux fois champion olympique, Inoue a échoué en qualifications, loin du niveau de son sacre de Sydney.


Les révélations


Veronica Campbell (athlétisme). Double médaille d'or (200m et relais 4x100m) et médaillée de bronze (100m), la discrète Jamaïcaine de 22 ans a changé de statut. La nouvelle "Golden Girl" des Caraïbes est, à la surprise générale, l'athlète la plus récompensée sur la piste d'Athènes.

Jeremy Wariner (athlétisme). L'Américain de 20 ans, médaillé d'or du 400m et du 4x400m, court dans les foulées de son glorieux prédécesseur sur la distance, son conseiller personnel Michael Johnson. Presque inconnu du grand public avant les Jeux athéniens, Wariner, dont c'était la première traversée de l'Atlantique, s'est révélé aux yeux du monde à Athènes.

Liu Xiang (athlétisme). Connu des spécialistes mais peu du public, le jeune Chinois (21 ans) a frappé un énorme coup en décrochant l'or au 110 m haies avec, à la clé, un record du monde égalé (12.91).

Xing Huina (athlétisme). Victorieuse d'un 10.000 m, Huina symbolise à 19 ans avec son compatriote Liu Xiang, la montée en puissance de la Chine à quatre ans des Jeux de Pékin.

Fani Halkia (athlétisme). Quasi inconnue avant Athènes, la Grecque est devenue championne olympique du 400 m haies, succédant à 25 ans, à la Russe Irina Privalova au palmarès olympique.

Jodie Henry (natation). La nouvelle reine du sprint est Australienne et est âgée de 20 ans. Jodie Henry, auteur du record du monde en demi-finale, a bien supporté la pression pour détrôner sur 100 m nage libre la Néerlandaise Inge de Bruijn, sacrée à Sydney.

Laure Manaudou (natation). La France s'est découvert une nouvelle star. A 17 ans et avec trois médailles (dont une d'or sur 400m nage libre), Manaudou s'impose comme l'une des nageuses les plus polyvalentes du monde, la nageuse à battre en demi-fond ces prochaines années.

Emilie Le Pennec (gymnastique). La Française, 16 ans, a remporté la médaille d'or des barres asymétriques. La première médaille française féminine dans toute l'histoire olympique de la gymnastique.

Ilias Iliadis (judo). Le Grec, vainqueur de la catégorie des moins de 81 kg, est entré dans l'histoire de son pays en remportant devant son public la toute première médaille olympique de la Grèce en judo.

Ihar Makarau (judo). Surprise: le Bélarusse s'est imposé en moins de 100 kg, la catégorie dont le Japonais Kosei Inoue devait être la vedette. C'est la première médaille d'or de l'histoire du judo au Belarus.

Ryan Bayley et Theo Bos (cyclisme sur piste). L'Australien de 22 ans, vainqueur de la vitesse individuelle, et le Néerlandais de 20 ans, finaliste de l'épreuve, représentent la nouvelle vague de la vitesse. En demi-finale, Bos et Bayley avaient balayé en deux manches leurs aînés, respectivement l'Allemand René Wolff (26 ans) et le Français Laurent Gané (31 ans).

Sydney 2000

AFP
A l'image du pari de l'Américaine Marion Jones, repartie avec trois médailles d'or et deux de bronze au lieu des cinq titres qu'elle visait, les Jeux de Sydney laissent un léger goût d'inachevé.

Venue pour surpasser ses compatriotes Jesse Owens (1936) et Carl Lewis (1984) quatre fois titrés, Marion Jones se contente d'un doublé, magnifique au demeurant, dans le 100 m et le 200 m, et d'une victoire dans le 4x400 m. En longueur, où ses légendaires prédécesseurs excellaient, elle ne décroche que le bronze, comme dans le 4x100 m.

En natation aussi on attendait monts et merveilles de l'Australien Ian Thorpe. Avec trois titres, mais un seul individuel (400 m libre), le jeune prodige se fait voler la vedette par le Néerlandais Pieter van den Hoogenband, auteur du doublé 100 m et 200 m libre.

Bien sûr les exploits n'ont pas manqué. En athlétisme, on retient ceux de l'Américain Maurice Greene (100 m), du Britannique Jonathan Edwards (triple saut), du Cubain Ivan Pedroso (saut en longueur), de l'Ethiopien Haïle Gebreselasie, de nouveau couronné dans le 10.000 m, et du Tchèque Jan Zelezny, auteur du triplé au javelot. L'Américain Michael Johnson, héros d'Atlanta, ajoute deux titres à sa collection (400 m et 4x400 m).

Des Jeux plus humains

En cyclisme, s'illustre la Néerlandaise Leontien van Moorsel-Zijlaard (3 titres sur piste et route) et en natation sa compatriote Inge de Bruijn, victorieuse des 50 m et 100 m libre et du 100 m papillon.

Le judoka français David Douillet, couronné chez les lourds quatre ans après Atlanta, et le rameur britannique Steven Redgrave, médaillé d'or pour la cinquième fois d'affilée, deviennent définitivement les plus grands dans leur discipline.

Mais d'autres ténors échouent à inscrire leur nom dans la légende olympique, comme le Marocain Hicham El Guerrouj (1500 m) et le Danois d'origine kenyane Wilson Kipketer (800 m), détenteurs du record du monde de leur distance mais battus. Le lutteur russe Alexandre Kareline et l'haltérophile turc Naïm Suleymanoglu sont stoppés dans la quête d'un quatrième titre consécutif.

Plutôt en demi-teinte sur le plan des performances, comme l'atteste le faible nombre de records battus, les Jeux de Sydney ne sont pas pour autant un échec.

Au contraire, l'événement a repris une dimension humaine après des décennies de course au gigantisme et la priorité a été redonnée au sport en réaction à la commercialisation à outrance d'Atlanta.

La lutte antidopage a été renforcée, au risque de conduire à des injustices, comme la disqualification de la gymnaste roumaine Andreea Raducan, victorieuse du concours général mais coupable d'avoir pris un médicament contre le rhume.

07/04/2004 16:53 © AFP

 

Sources :

http://jeux-olympiques-2004.france2.fr/

http://www.tv5.org/TV5Site/athenes2004/accueil.php et AFP

http://www.lequipe.fr/Jo/HOME_JO_04.html